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SUJET : Schmitt, Hôtel des deux mondes - Et puis il me semble… que j’aimerais être amoureuse... | Commentaires composés | Schmitt | Théâtre

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Commentaires composés | Schmitt | Théâtre

Schmitt, Hôtel des deux mondes - Et puis il me semble… que j’aimerais être amoureuse...

 Laura. Et puis il me semble … que j’aimerais être amoureuse.

Julien (avec angoisse). Oh, moi aussi. (Soudain, en la regardant, il s’exclame avec feu et franchise) Vous êtes belle !

Laura (inquiète). Pourquoi me dîtes-vous ça ?

La sonnerie retentit mais l’ascenseur n’est toujours pas arrivé. Julien profite de ses derniers instants.

Julien. Parce que je le pense depuis que je vous ai vue mais que je ne m’étais pas donné la peine de vous le dire. (Avec fièvre) Lorsque les portes de l’ascenseur vous ont laissée apparaître, je vous ai trouvée étonnante, étrange, magnifique, comme une perle d’huître sauvage. J’ai pensé : Je ne suis pas beau mais quelle importance puisqu’elle est belle pour deux ?

Laura. Taisez-vous.

Julien. Puis le Docteur S… vous a appelée Laura, deux syllabes simples comme bonjour, « bonjour, Laura », deux notes qui demandent à la bouche de prendre la forme d’un baiser. J’ai pensé : Je ne suis que Julien mais quelle importance puisqu’elle est musicale pour deux ?

Laura. Taisez-vous.

Julien (reprenant de l’assurance sans s’en rendre compte). Ensuite je vous ai écoutée tenir tête au Docteur S…, on aurait dit une figure de proue qui, souriante, affrontait les embruns, l’écume et la tempête. J’ai pensé : Je ne suis pas courageux mais quelle importance puisqu’elle est brave pour deux ?

Laura. Taisez-vous.

Julien. Et sitôt que j’ai aperçu toute cette force, j’ai senti sa faiblesse aussi, la faiblesse qui vient de la tension de la force, de cette force qui peut se briser tout d’un coup, alors je me suis dit que vous aviez peut-être besoin d’une main. (Souriant) Dans une autre vie, une vie que je ne raterais pas, j’aurais deux mains à votre service.
Voilà ce que je ne vous ai pas dit. Et, à cet instant même, il y a encore des choses que je ne vous dis pas : que je voudrais être avec vous dans la grande maison au bord de la mer, écouter avec vous la musique et le silence, et vous faire lire un peu moins pour vous faire vivre un peu plus.

Laura. Taisez-vous.

Julien. Parce que soudain, là, en face de vous, je me sens pris d’une fièvre, une fièvre fulgurante, une fièvre qui me donne de l’air, de l’appétit, de l’enthousiasme, une fièvre à soulever la Terre, à vous rendre vos jambes, à vous broyer entre mes bras, à faire sonner pleines toutes les heures, à écarter la mort, à… (Un temps)… c’est curieux, je n’ai presque plus peur.

La sonnerie s’arrête. Le silence est brutal. Julien et Laura demeurent stupéfaits, déconcertés. Le Docteur S… revient calmement vers Julien.

Le Docteur S … C’était une fausse alerte. Votre heure n’est pas encore venue. Ce sont des choses qui arrivent parfois. Rarement. Un incident a dû se produire pendant votre opération.

Julien et Laura sont encore plus accablés.

Le Docteur S… Je vous laisse.

Julien et Laura restent un instant immobiles, comme épinglés par le destin. Le Docteur S… se retourne au moment de sortir, réfléchit et finit par dire.

Le Docteur S… Je suis désolée de ce malentendu.

Elle pense avoir dit ce qu’il fallait et sort. Julien et Laura se regardent pétrifiés.

Julien (en écho). Désolée…

Il éclate d’un rire nerveux. Il en est comme secoué. Laura s’en inquiète. Il a l’air fou.

Laura. Julien !

Julien (hystérique). Désolée ! Désolée ! Un malentendu ! 

Il se jette avec rage sur les fauteuils et les renverse. Il a besoin d’exprimer la violence qui l’habite. Il met la pièce à sac. Puis il se laisse tomber par terre, les épaules secouées par des sanglots nerveux.

Julien. Trop tard. Je l’ai dit. C’est trop tard.

Laura (doucement). Quoi donc ?

Julien. Que je t’aime !

Laura (paniquée). Non, tu ne l’as pas dit !

Julien. Si ! Si !