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SUJET : Céline, Voyage au bout de la nuit - Un soir, comme ma salle d’attente était presque vide, un prêtre... | Commentaires composés | Céline | roman

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Commentaires composés | Céline | roman

Céline, Voyage au bout de la nuit - Un soir, comme ma salle d’attente était presque vide, un prêtre...

Un soir, comme ma salle d’attente était presque vide, un prêtre entra pour me parler. Je ne le connaissais pas ce prêtre, j’ai failli l’éconduire. Je n’aimais pas les curés, j’avais mes raisons, surtout depuis qu’on m’avait fait le coup de l’embarquement à San Tapeta. Mais celui-ci, j’avais beau chercher à le reconnaître, pour l’engueuler avec des précisions, vraiment je ne l’avais jamais rencontré nulle part auparavant. Il devait pourtant circuler pas mal la nuit comme moi dans Rancy, puisqu’il était des environs. Peut-être alors qu’il m’évitait quand il sortait ? J’y pensais. Enfin on avait dû le prévenir que je n’aimais pas les curés. Ça se sentait à la manière furtive dont il emmanchait sa palabre. Donc, on ne s’était jamais bousculés autour des mêmes malades. [... ]

Sa voix ne s’élevait guère au-dessus d’une certaine monotonie confidente, qui lui venait, je l’imaginais du moins, de sa profession. Pendant qu’il parlait prudent et préliminaire, j’essayais de me représenter tout ce qu’il exécutait chaque jour ce curé pour gagner ses calories, des tas de grimaces et des promesses encore, dans le genre des miennes… Et puis je me l’imaginais, pour m’amuser, tout nu devant son autel… C’est ainsi qu’il faut s’habituer à transposer dès le premier abord les hommes qui viennent vous rendre visite, on les comprend bien plus vite après ça, on discerne tout de suite dans n’importe quel personnage sa réalité d’énorme et d’avide asticot. C’est un bon truc d’imagination. Son sale prestige se dissipe, s’évapore. Tout nu, il ne reste plus devant vous en somme qu’une pauvre besace prétentieuse et vantarde qui s’évertue à bafouiller futilement dans un genre ou dans un autre. Rien ne résiste à cette épreuve. On s’y retrouve instantanément. Il ne reste plus que les idées, et les idées ne font jamais peur. Avec elles, rien n’est perdu, tout s’arrange. Tandis que c’est parfois difficile à supporter le prestige d’un homme habillé. Il garde des sales odeurs et des mystères plein ses habits.

Il avait des dents bien mauvaises, l’Abbé, rancies, brunies et haut cerclées de tartre verdâtre, une belle pyorrhée alvéolaire en somme. J’allais lui en parler de sa pyorrhée mais il était trop occupé à me raconter des choses. Elles n’arrêtaient pas de venir juter les choses qu’il me racontait contre ses chicots sous les poussées d’une langue dont j’épiais tous les mouvements. À maints minuscules endroits écorchée sa langue sur ses rebords saignants.