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SUJET : Baudelaire, Le Confiteor de l’artiste | Commentaires composés | Baudelaire | Poème en prose

Commentaires composés | Baudelaire | Poème en prose

Baudelaire, Le Confiteor de l’artiste

Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris, « Le Confiteor de l'Artiste »

 

 

Que les fins de journées d’automne sont pénétrantes ! Ah ! pénétrantes jusqu’à la douleur ! car il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n’exclut pas l’intensité ; et il n’est pas de pointe plus acérée que celle de l’Infini.

Grand délice que celui de noyer son regard dans l’immensité du ciel et de la mer ! Solitude, silence, incomparable chasteté de l’azur ! une petite voile frissonnante à l’horizon, et qui par sa petitesse et son isolement imite mon irrémédiable existence, mélodie monotone de la houle, toutes ces choses pensent par moi, ou je pense par elles (car dans la grandeur de la rêverie, le moi se perd vite !) ; elles pensent, dis-je, mais musicalement et pittoresquement, sans arguties, sans syllogismes, sans déductions.

Toutefois, ces pensées, qu’elles sortent de moi ou s’élancent des choses, deviennent bientôt trop intenses. L’énergie dans la volupté crée un malaise et une souffrance positive. Mes nerfs trop tendus ne donnent plus que des vibrations criardes et douloureuses.

Et maintenant la profondeur du ciel me consterne ; sa limpidité m’exaspère. L’insensibilité de la mer, l’immuabilité du spectacle me révoltent… Ah ! faut-il éternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau ? Nature, enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi  ! Cesse de tenter mes désirs et mon orgueil ! L’étude du beau est un duel où l’artiste crie de frayeur avant d’être vaincu.

 

Extrait du corrigé :

Charles Baudelaire : poète né à Paris le 9 avril 1821 et mort le 31 août 1867 dans la même ville, et plus précisément rue du Dôme, dans la maison de santé du Dr Duval.

Il est l’auteur des Fleurs du mal, des Petits poèmes en prose mais aussi d’autres œuvres comme ses Salons.

Baudelaire : poète très important dans la poésie française => est au carrefour de la « tradition » et de la modernité poétique. Héritage classique, romantique (temps qui passe, angoisse, importance du moi… + très nombreux alexandrins, le vers hugolien par excellence, etc.). et une tendance des Parnassiens : la beauté, la perfection du texte. Poèmes réguliers et souvent à forme fixe. Cf. ses très nombreux sonnets et ses pantoums.

Poète controversé et violemment attaqué de son vivant, Charles Baudelaire devient le modèle de très nombreux poètes qui s’engageront dans la voie qu’il avait ouverte. Il est considéré comme « le vrai Dieu » par Rimbaud,  « le plus important des poètes » par Valéry…

 

Dans les Petits poèmes en prose ou le Spleen de Paris de 1862, Baudelaire se libère un peu des formes traditionnelles, même s’ils restent minutieusement métrés.

Aloysius Bertrand avait inventé le poème en prose, dans Gaspard de la nuit (ballade médiévale pour évoquer en prose des scènes oniriques ou fantastiques). Baudelaire développe ce nouveau genre poétique dans ce recueil et ouvre la voie à l’éclatement de la forme classique => Rimbaud, Mallarmé…

 

« Le Confiteor de l'Artiste » :

 

Poème en prose de Baudelaire.

Définition donnée d’un poème en prose :

« Il s'agit d'un texte en prose bref, formant une unité et caractérisé par sa « gratuité », c'est-à-dire ne visant pas à raconter une histoire ni à transmettre une information, mais recherchant un effet poétique ».

• Poème composé de 4 paragraphes.

- Phrases (> pas de vers, pas de rimes).

- Nombreuses phrases exclamatives.

 

I- Confession

A- Un confiteor

• « Confiteor » > terme liturgique qui désigne la prière qui a lieu au début de la messe et dans la confession.

Au sens plus large, « confiteor » signifie la confession des péchés.

• Confiteor de l’Artiste => le lecteur s’attend donc à recevoir la confession d’un artiste, du poète.

Cf. « pénétrantes » ; « sensations délicieuses » ; « pensées » ; « Mes nerfs » ; « mes désirs » ; « mon orgueil »…

Cf. ses rêveries.

Cf. toutes les marques de 1e personne du singulier. Ex : « mon » ; « mes » ; « mes » ; « je »…

> On entre dans l’intimité du poète. Le poète parle de lui.

• Soulignez le fait que l’on retrouve aussi dans le poème une connotation religieuse.

Ex : « l’Infini » ; « l’immensité du ciel » » ; « profondeur du ciel »…

Ce qui est renforcé par les exclamations.