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SUJET : Molière, Le Misanthrope, acte II, scène 1 | Commentaires composés | Molière | Théâtre

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Commentaires composés | Molière | Théâtre

Molière, Le Misanthrope, acte II, scène 1

 CÉLIMÈNE

Des amants que je fais, me rendez-vous coupable ?
Puis-je empêcher les gens, de me trouver aimable ?
Et lorsque, pour me voir, ils font de doux efforts,
Dois-je prendre un bâton, pour les mettre dehors ?

ALCESTE
Non, ce n’est pas, Madame, un bâton qu’il faut prendre,
Mais un cœur, à leurs vœux, moins facile, et moins tendre.
Je sais que vos appas vous suivent en tous lieux,
Mais votre accueil retient ceux qu’attirent vos yeux ;
Et sa douceur offerte à qui vous rend les armes,
Achève, sur les cœurs, l’ouvrage de vos charmes.
Le trop riant espoir que vous leur présentez,
Attache, autour de vous, leurs assiduités ;
Et votre complaisance, un peu moins étendue,
De tant de soupirants chasserait la cohue.
Mais, au moins, dites-moi, Madame, par quel sort,
Votre Clitandre a l’heur de vous plaire si fort ?
Sur quel fonds de mérite, et de vertu sublime,
Appuyez-vous, en lui, l’honneur de votre estime ?
Est-ce par l’ongle long, qu’il porte au petit doigt ,
Qu’il s’est acquis, chez vous, l’estime où l’on le voit ?
Vous êtes-vous rendue, avec tout le beau monde,
Au mérite éclatant de sa perruque blonde ?
Sont-ce ses grands canons, qui vous le font aimer ?
L’amas de ses rubans a-t-il su vous charmer ?
Est-ce par les appas de sa vaste rhingrave ,
Qu’il a gagné votre âme, en faisant votre esclave ?
Ou sa façon de rire, et son ton de fausset,
Ont-ils, de vous toucher, su trouver le secret ?

CÉLIMÈNE
Qu’injustement, de lui, vous prenez de l’ombrage !