fermer le formulaire

Contact / demande de sujet :

Vous souhaitez nous contacter, nous soumettre un sujet spécifique,
laisser nous un message par le formulaire ci-dessous.

Commande Suspendue !
En raison du grand nombre de demandes, et pour pouvoir les traiter au mieux, le site est fermé.

fermer le formulaire

Vos coordonnées

Inscrivez-vous et restez informé de nos actualités.

 
fermer le formulaire

DEJA INSCRIT : IDENTIFIEZ-VOUS

 

SUJET : Marivaux, La Seconde Surprise de l’amour, acte III, scènes 8 et 9 | Commentaires composés | Marivaux | Théâtre

Commentaires composés | Marivaux | Théâtre

Marivaux, La Seconde Surprise de l’amour, acte III, scènes 8 et 9

 Marivaux, La Seconde Surprise de l’amour, acte III, scènes 8 et 9.

 

Scène VIII

LA MARQUISE, LE CHEVALIER

 

 

 

LA MARQUISE

Le Comte, dit-on, était avec vous, Chevalier. Vous avez été bien longtemps ensemble, de quoi donc était-il question ?

 

LE CHEVALIER, sérieusement.

De pures visions de sa part, Marquise ; mais des visions qui m’ont chagriné, parce qu’elles vous intéressent, et dont la première a d’abord été de me demander si je vous aimais.

 

LA MARQUISE

Mais je crois que cela n’est pas douteux.

 

LE CHEVALIER

Sans difficulté : mais prenez garde, il parlait d’amour, et non pas d’amitié.

 

LA MARQUISE

Ah ! il parlait d’amour ? Il est bien curieux : à votre place, je n’aurais pas seulement voulu les distinguer, qu’il devine.

 

LE CHEVALIER

Non pas, Marquise, il n’y avait pas moyen de jouer là-dessus, car il vous enveloppait dans ses soupçons, et vous faisait pour moi le cœur plus tendre que je ne mérite ; vous voyez bien que cela était sérieux ; il fallait une réponse décisive, aussi l’ai-je faite, et l’ai bien assuré qu’il se trompait et qu’absolument il ne s’agissait point d’amour entre nous deux, absolument.

 

LA MARQUISE

Mais croyez-vous l’avoir persuadé, et croyez- vous lui avoir dit cela d’un ton bien vrai, du ton d’un homme qui le sent ?

 

LE CHEVALIER

Oh ! ne craignez rien, je l’ai dit de l’air dont on dit la vérité. Comment donc, je serais très fâché, à cause de vous, que le commerce de notre amitié rendît vos sentiments équivoques ; mon attachement pour vous est trop délicat, pour profiter de l’honneur que cela me ferait ; mais j’y ai mis bon ordre, et cela par une chose tout à fait imprévue : vous connaissez sa sœur, elle est riche, très aimable, et de vos amies, même.

 

LA MARQUISE

Assez médiocrement.

 

LE CHEVALIER

Dans la joie qu’il a eu de perdre ses soupçons, le Comte me l’a proposée ; et comme il y a des instants et des réflexions qui nous déterminent tout d’un coup, ma foi j’ai pris mon parti ; nous sommes d’accord, et je dois l’épouser. Ce n’est pas là tout, c’est que je me suis encore chargé de vous parler en faveur du Comte, et je vous en parle du mieux qu’il m’est possible ; vous n’aurez pas le cœur inexorable, et je ne crois pas la proposition fâcheuse.

 

LA MARQUISE, froidement.

Non, Monsieur ; je vous avoue que le Comte ne m’a jamais déplu.

 

LE CHEVALIER

Ne vous a jamais déplu ! C’est fort bien fait. Mais pourquoi donc m’avez-vous dit le contraire ?

 

LA MARQUISE

C’est que je voulais me le cacher à moi-même, et il l’ignore aussi.

 

LE CHEVALIER

Point du tout, Madame, car il vous écoute.

 

LA MARQUISE

Lui ?

 

 

 

Scène IX

LA MARQUISE, LE CHEVALIER, LE COMTE

 

 

 

LE COMTE

J’ai suivi les conseils du Chevalier, Madame ; permettez que mes transports vous marquent la joie où je suis.

 

Il se jette aux genoux de la Marquise.

 

LA MARQUISE

Levez-vous, Comte, vous pouvez espérer.

 

LE COMTE

Que je suis heureux ! et toi, Chevalier, que ne te dois-je pas ? Mais, Madame, achevez de me rendre le plus content de tous les hommes. Chevalier, joignez vos prières aux miennes.

 

LE CHEVALIER, d’un air agité.

Vous n’en avez pas besoin, Monsieur ; j’avais promis de parler pour vous ; j’ai tenu parole, je vous laisse ensemble, je me retire. (À part.) Je me meurs.

 

LE COMTE

J’irai te retrouver chez toi.

 

 

 Extrait du corrigé :

Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, dit Marivaux : journaliste, auteur dramatique et romancier français né le 4 février 1688 à Paris où il est mort, presque oublié, le 12 février 1763.

Marivaux est surtout connu pour ses pièces de théâtre, qui ont donné le terme « marivaudage ».

 Il a toutefois écrit deux romans très connus et restés inachevés : Le Paysan parvenu et La Vie de Marianne.

 

La Seconde Surprise de l’amour est une comédie en trois actes et en prose de Marivaux représentée pour la première fois le 31 décembre 1727.

NB : l’une des pièces les plus célèbres de Marivaux est La Surprise de l’amour, qui est aussi en trois actes et en prose et qui fut représentée pour la première fois le 3 mai 1722, par les Comédiens français à l’Hôtel de Bourgogne. La Seconde surprise de l’amour ressemble beaucoup à la première.

 

La Seconde Surprise de l’amour évoque les sentiments d’une marquise, veuve qui pense ne plus jamais rencontrer l’amour, et de sa servante, Lisette. Les deux femmes vont faire la rencontre d’un chevalier, tout aussi malheureux en amour, et de son valet Lubin.

=> Pièce qui peint et étudie le cœur humain, à travers celui de la Marquise et du Chevalier, et qui introduit une note plus comique avec la peinture des valets.

 

Acte III, scènes 8 et 9 : on approche du dénouement de la pièce.

Trio amoureux.

Le comte aime la marquise.

La marquise aime le chevalier mais elle ne veut pas se l’avouer, ni l’avouer.

Le chevalier aime la marquise mais il ne veut pas se l’avouer, ni l’avouer.