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SUJET : Gaudé, Eldorado - Ce n’est que lorsque les lumières de Catane disparurent à l’horizon... | Commentaires composés

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Gaudé, Eldorado - Ce n’est que lorsque les lumières de Catane disparurent à l’horizon...
Comment le personnage de Salvatore Piracci apparaît ici comme un héros ?

 Ce n’est que lorsque les lumières de Catane disparurent à l’horizon qu’ils eurent véritablement ,l’impression de s’enfoncer dans la poix. Le ciel et la mer étaient du même noir et on distinguait à peine quelques traînées d’écume que la lune çà et là éclairait entre deux nuages. Il pleuvait de plus en plus dru. Ils eurent le sentiment de plonger dans un corps vivant. Tout bruissait autour d’eux. Tout tanguait, crachait et soufflait. Ils sentaient qu’ils n’étaient pas de taille. Que les hommes n’étaient pas à l’échelle de cette masse puissante qui se cabrait et roulait, qui grondait et se gonflait, jouant avec le vent et la pluie. Ils n’étaient rien que des êtres minuscules face à un continent d’eau qui avait entrepris ce soir de se tordre en tous sens. Le second avait dit juste : la mer était sauvage. Elle n’était pas en furie, elle ne cherchait pas à engloutir à tout prix les hommes, elle vivait simplement, sans en tenir compte. C’est ce qui leur donna à tous la sensation qu’il valait mieux ne pas trop se faire remarquer, faire le moins de bruit possible, ne pas la heurter frontalement. Il était préférable qu’elle continue à ignorer leur présence. Pour se rassurer et pour rester concentrés, les hommes gardaient les yeux fixés sur les lumières du bateau, les feux de position, l’écran radar. Tous, sauf le commandant. Lui ne pouvait quitter des yeux les masses énormes qui roulaient à l’infini. « On dirait le corps d’un cétacé, pensait-il, une baleine immense qui se secouerait et ondulerait indéfiniment, sans pensée, sans volonté, par une sorte de nervosité soudaine et insondable. » La nuit grondait. La mer semblait vouloir manger les étoiles et il trouvait cela rassurant. Lorsqu’ils furent à quelques milles de la zone qui leur avait été signalée, tout à coup, les oscillations marines cessèrent. «La chance est avec nous», pensa le commandant. Le ciel s’éclairait. Il fut à nouveau possible de distinguer une ligne d’horizon. La lune s’était libérée des nuages et faisait briller le dos froissé des flots. C’était comme une sorte de soulagement au cœur d’un tumulte sourd. La frégate fila dans un silence paisible. Les hommes, maintenant, observaient la mer à la recherche d’une lumière ou d’un son. Ils étaient habitués à se mettre à l’écoute du moindre murmure de l’eau et à en déceler la plus infime étrangeté.
La recherche avait commencé et comme à chaque fois, Salvatore Piracci se dit à lui même : «Quel étrange métier nous faisons. Nous voilà à la recherche de cinq barques dans l’immensité et pourquoi ?»
Au fond, ces histoires d’émigration et de frontières n’étaient rien. Ce n’était pas cela qui lui faisait quitter le port pour aller piocher dans la nuit la plus noire. A cet instant précis, il n’y avait plus de bâtiment de la marine militaire et de mission d’interception. Il n’y avait plus d’Italie ou de Libye. Il y avait un bateau qui en cherchait un autre. Des hommes qui partaient sauver d’autres hommes, par une sorte de fraternité sourde. Parce qu’on ne laisse pas la mer manger les bateaux. On ne laisse pas les vagues se refermer sur des vies sans tenter de les retrouver…» Bien sûr, les lois reviendraient et Salvatore Piracci serait le premier à réendosser son uniforme. Mais à cet instant précis, il cherchait dans la nuit ces barques pour les soustraire aux mâchoires de la nature et rien d'autre ne comptait. Alors il murmura à son second : 
- Ceux là, nom de Dieu, on va les retrouver. 
Et le jeune homme tressaillit de la volonté qui émanait de sa voix.