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SUJET : Zola, Thérèse Raquin, Tout à coup Laurent crut avoir une hallucination... | Commentaires composés | Zola | roman

Commentaires composés | Zola | roman

Zola, Thérèse Raquin, Tout à coup Laurent crut avoir une hallucination...

Zola, Thérèse Raquin, chapitre 21 - Tout à coup Laurent crut avoir une hallucination...

 

Tout à coup Laurent crut avoir une hallucination. Comme il se tournait, revenant de la fenêtre au lit, il vit Camille dans un coin plein d’ombre, entre la cheminée et l’armoire à glace. La face de sa victime était verdâtre et convulsionnée, telle qu’il l’avait aperçue sur une dalle de la morgue. Il demeura cloué sur le tapis, défaillant, s’appuyant contre un meuble. Au râle sourd qu’il poussa, Thérèse leva la tête.

« Là, là », disait Laurent d’une voix terrifiée.

Le bras tendu, il montrait le coin d’ombre dans lequel il apercevait le visage sinistre de Camille. Thérèse, gagnée par l’épouvante, vint se serrer contre lui.

« C’est son portrait, murmura-t-elle à voix basse, comme si la figure peinte de son ancien mari eût pu l’entendre.

– Son portrait, répéta Laurent dont les cheveux se dressaient.

– Oui, tu sais, la peinture que tu as faite. Ma tante devait le prendre chez elle, à partir d’aujourd’hui. Elle aura oublié de le décrocher.

– Bien sûr, c’est son portrait… »

Le meurtrier hésitait à reconnaître la toile. Dans son trouble, il oubliait qu’il avait lui-même dessiné ces traits heurtés, étalé ces teintes sales qui l’épouvantaient. L’effroi lui faisait voir le tableau tel qu’il était, ignoble, mal bâti, boueux, montrant sur un fond noir une face grimaçante de cadavre. Son œuvre l’étonnait et l’écrasait par sa laideur atroce ; il y avait surtout les deux yeux blancs flottant dans les orbites molles et jaunâtres, qui lui rappelaient exactement les yeux pourris du noyé de la morgue. Il resta un moment haletant, croyant que Thérèse mentait pour le rassurer. Puis il distingua le cadre, il se calma peu à peu.

 

 

Extrait du corrigé

Émile Zola (1840-1902) : journaliste, écrivain, considéré comme le chef de file du naturalisme et auteur du fameux cycle des Rougon-Macquart, Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire. Grand projet regroupant vingt romans, « Les Rougon-Macquart personnifieront l’époque, l’Empire lui-même ».

 

Thérèse Raquin est le 3e roman de Zola.

Roman naturaliste de 1867, qui fait scandale à l’époque.

Roman qui raconte le meurtre d’un personnage, Camille, et les remords qui hanteront les coupables.

 

Dans cet extrait, les deux amants sont hantés par la vision de Camille.

 

 

I- Un moment terrifiant

            A- Une terrible vision

• Montrez que l’atmosphère est très inquiétante pour Laurent.

Cf. « crut avoir une hallucination »…

• Importance de la vue, de la représentation.

Cf. « il vit » ; il l’avait aperçue » ; « il apercevait »…

NB : Zola prête une attention toute particulière au décor.

Cf. « entre la cheminée et l’armoire à glace » ; « un meuble »

+ importance de l’ombre qui accentue l’atmosphère inquiétante.

• Laurent ne sait plus où il en est.

Cf. « Là, là » > il désigne du doigt.

Cf. « Le bras tendu, il montrait »

=> Il voit réellement Camille.

∆) Confusion entre le portrait de Camille et la vision de son cadavre à la morgue.