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SUJET : Diderot, Le Fils naturel, acte II, scène 2. | Commentaires composés | Diderot | Théâtre

Commentaires composés | Diderot | Théâtre

Diderot, Le Fils naturel, acte II, scène 2.

 Diderot, Le Fils naturel, acte II, scène 2.

 

Rosalie, Dorval


Dorval : d'un ton un peu ému

Permettez mademoiselle qu'avant mon départ (à ces mots Rosalie parait étonnée) j'obéisse à un ami, et que je cherche à lui rendre auprès de vous un service qu'il croit important. Personne ne s'intéresse plus que moi à votre bonheur et au sien ; vous le savez. Souffrez donc que je vous demande en quoi Clairville a pu vous déplaire, et comment il a mérité la froideur avec laquelle il dit qu'il est traité.

Rosalie : C'est que je ne l'aime plus.

Dorval : Vous ne l'aimez plus !

Rosalie : Non, Dorval.

Dorval : Et qu'a-t-il fait pour s'attirer cette horrible disgrâce ?

Rosalie : Rien. Je l'aimais. J'ai cessé. J’étais légère apparemment, sans m'en douter.

Dorval : Avez-vous oublié que Clairville est l'amant que votre cœur a préféré ? Songez-vous qu'il traînerait des jours bien malheureux, si l'espérance de recouvrer votre tendresse lui était ôtée ? Mademoiselle, croyez-vous qu'il soit permis à une honnête-femme de se jouer du bonheur d'un honnête-homme?

Rosalie : Je sais, là-dessus, tout ce qu'on peut me dire. Je m'accable sans cesse de reproches. Je suis désolée. Je voudrais être morte.

Dorval : Vous n'êtes point injuste.

Rosalie : Je ne sais plus ce que je suis. Je ne m'estime plus.

Dorval : Mais pourquoi n'aimez-vous plus Clairville ? Il y a des raisons à tout.

Rosalie : C'est que j'en aime un autre.

Dorval : avec un étonnement mêlé de reproches Rosalie ! Elle !

Rosalie : Oui Dorval. Clairville sera bien vengé !

Dorval : Rosalie si par malheur il était arrivé que votre cœur surpris fût entraîné par un penchant dont votre raison vous fît un crime. J'ai connu cet état cruel ! Que je vous plaindrais !

Rosalie : Plaignez-moi donc.

Dorval ne lui répond que par gifle de commisération.

Rosalie : J'aimais Clairville. Je n'imaginais pas que je pusse en aimer un autre, lorsque je rencontrai l'écueil de ma constance et de notre bonheur. Les traits, l'esprit, le regard, le son de la voix tout dans cet objet doux et terrible semblait répondre à je ne sais quelle image que la Nature avait gravée dans mon cœur. Je le vis. Je crus y reconnaître la vente de toutes ces chimères de perfection que je m'étais faites, et d'abord il eut ma confiance. Si j'avais pu concevoir que je manquais à Clairville ! Mais  hélas je n'en avais pas eu le premier soupçon, que j'étais toute accoutumée à aimer son rival. Et comment ne l'aurais-je pas aimé ? Ce qu'il disait, je le pensais toujours. Il ne manquait jamais de blâmer ce qui devait me déplaire. Je louais quelquefois d'avance ce qu'il allait approuver. S'il exprimait un sentiment je croyais qu'il avait deviné le mien. Que vous dirai-je enfin ? Je me voyais à peine dans les autres (elle ajoute en baissant les yeux et la voix) et je me retrouvais sans cesse en lui.

Dorval : Et ce mortel heureux connaît-il son bonheur ?

Rosalie : Si c'est un bonheur, il doit le connaître.

Dorval : Si vous aimez, on vous aime, sans doute ?

Rosalie : Dorval, vous le savez.

Dorval : vivement Oui, je le sais, et mon cœur le sent. Qu'ai-je entendu ? Qu'ai-je dit ? Qui me sauvera de moi-même ?

Dorval et Rosalie se regardent un moment en silence. Rosalie pleure amèrement. On annonce Clairville.
Sylvestre à Dorval : Monsieur, Clairville demande à vous parler.

Dorval à Rosalie. : Rosalie. Mais on vient. Y pensez-vous ? C'est Clairville. C'est mon ami. C'est votre amant.

Rosalie. Adieu Dorval. (elle lui tend une main. Dorval la prend et laisse tomber tristement sa bouche sur cette main, Rosalie ajoute) Adieu.

 

 Extrait du corrigé : 

 

Diderot : philosophe des Lumières, écrivain du XVIIIe siècle.

Le Fils naturel, ou Les épreuves de la vertu : drame bourgeois en cinq actes et en prose écrit en 1757.

Le Fils naturel est un drame bourgeois => pour Diderot, il s’agit d’un genre « sérieux ». Cela se situe entre la comédie – cela se finit bien, mélange des genres… –, et la tragédie – Diderot évoque des problèmes de société de son époque. Cf. le sous-titre « épreuves de la vertu ».

Fils naturel : fils illégitime. Ici, le personnage éponyme est Dorval. Il est très beau, très riche et très vertueux mais il est d’origine inconnue. Fils naturel d’on ne sait qui (on le saura à la fin de la pièce).

 

            Clairville a prié son ami Dorval de plaider sa cause auprès de Rosalie, une jeune femme dont il est amoureux.

            Dans la scène étudiée, la scène 2 de l’acte II, Dorval remplit sa mission et dévoile à Rosalie les sentiments que nourrit son ami à son égard, bien que lui-même soit aussi attiré par elle. Rosalie lui avoue ne pas aimer Clairville…

 

I- Un aveu difficile

            A- Une position délicate

• Dorval doit dire à la femme qu’il aime que son ami l’aime => position délicate.

=> Montrez qu’il met du temps à dire clairement sa pensée. Politesses presque exagérées.

Cf. « Permettez mademoiselle qu'avant mon départ » ; « Souffrez donc que… ».