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SUJET : Koltès, Le Retour au désert, scène 2 | Commentaires composés | Koltès | Théâtre

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Commentaires composés | Koltès | Théâtre

Koltès, Le Retour au désert, scène 2

 Mathilde, après avoir vécu de nombreuses années en Algérie, décide, au moment de la guerre d'indépendance, de rentrer en France dans sa ville natale y habiter la maison dont elle a hérité. Elle vient de pénétrer dans le hall de cette maison où apparaît son frère Adrien.

Voici l'extrait :

    ADRIEN. - Mathilde, ma sœur, te voici de nouveau dans notre bonne ville. Es-tu venue avec de bonnes intentions? Car, maintenant que l'âge nous a calmés un peu, on pourrait tâcher de ne pas nous chamailler, pendant le court temps de ton séjour. J'ai pris l'habitude de ne plus me chamailler pendant les quinze années de ton absence, et ce serait dur de s'y remettre.

MATHILDE. - Adrien, mon frère, mes intentions sont excellentes. Et si l'âge t'a calmé, j'en suis très contente : les choses seront plus simples pour le très long temps que je compte passer ici.
Car moi, l'âge, au lieu de me calmer, m'a beaucoup énervée ; et entre ton calme et mon énervement, tout devrait bien se passer.

ADRIEN. - Tu as voulu fuir la guerre et, tout naturellement, tu es venue vers la maison où sont tes racines ; tu as bien fait. La guerre sera bientôt finie et bientôt tu pourras retourner en Algérie, au bon soleil de l'Algérie. Et ce temps d'incertitude dans laquelle nous sommes tous, tu l'auras traversé ici, dans la sécurité de cette maison.

MATHILDE. - Mes racines ? Quelles racines ? Je ne suis pas une salade; j'ai des pieds et ils ne sont pas faits pour s'enfoncer dans le sol. Quant à cette guerre-là, mon cher Adrien, je m'en fiche. Je ne fuis aucune guerre ; je viens au contraire la porter ici, dans cette bonne ville, où j'ai quelques vieux comptes à régler. Et, si j'ai mis si longtemps à venir régler ici ces quelques comptes, c'est que trop de malheurs m'avaient rendue douce; tandis qu'après quinze années sans malheur les souvenirs me sont revenus, et la rancune, et le visage de mes ennemis.

ADRIEN. - Des ennemis, ma sœur ? Toi ? Dans cette bonne ville ? L'éloignement a dû fortifier encore ton imagination, qui pourtant n'était pas faible ; et la solitude et le soleil brûlant de l'Algérie te brouiller la cervelle. Mais si, comme je le crois, tu es venue ici contempler ta part d'héritage pour repartir ensuite, eh bien, contemple, vois comme je m'en occupe bien, admire comme je l'ai embellie, cette maison, et lorsque tu l'auras bien regardée, touchée, évaluée, nous préparerons ton départ.

MATHILDE. - Mais je ne suis pas venue pour repartir, Adrien, mon petit frère. J'ai là mes bagages et mes enfants. Je suis revenue dans cette maison, tout naturellement, parce que je la possède; et, embellie ou enlaidie, je la possède toujours. Je veux, avant toute chose, m'installer dans ce que je possède.

ADRIEN. - Tu possèdes, ma chère Mathilde, tu possèdes: c'est très bien. Je t'ai payé un loyer, et j'ai considérablement donné du prix à cette masure. Mais tu possèdes, d'accord. Ne commence pas à me mettre en colère, ne commence pas à chicaner. Mets, je te prie, un peu de bonne volonté. Recommençons notre bonjour, car tout cela est mal parti.

MATHILDE. - Recommençons, mon vieil Adrien, recommençons.