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SUJET : Marivaux, Le Triomphe de l’amour, acte I, scène 2 | Commentaires composés | Marivaux | Théâtre

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Commentaires composés | Marivaux | Théâtre

Marivaux, Le Triomphe de l’amour, acte I, scène 2

 Scène II
Arlequin, sans être vu d'abord ; Phocion, Hermidas
Arlequin. − Qu'est−ce que c'est que ces gens−là ? 
Hermidas. − Il y aura bien de l'ouvrage à tout ceci, Madame, et votre sexe...
Arlequin, les surprenant. − Ah ! ah ! Madame ! et puis votre sexe ! Eh ! parlez donc, vous autres
hommes, vous êtes donc des femmes ? 
Phocion. − Juste ciel ! je suis au désespoir.
Arlequin. − Oh ! oh ! mes mignonnes, avant que de vous en aller, il faudra bien, s'il vous plaît, que nous
comptions ensemble : je vous ai d'abord pris pour deux fripons ; mais je vous fais réparation : vous êtes
deux friponnes.
Phocion. − Tout est perdu, Corine.
Hermidas, faisant signe à Phocion. − Non, Madame ; laissez−moi faire, et ne craignez rien. Tenez, la
physionomie de ce garçon−là ne m'aura point trompée : assurément, il est traitable.
Arlequin. − Et par−dessus le marché, un honnête homme, qui n'a jamais laissé passer de contrebande ; ainsi
vous êtes une marchandise que j'arrête, je vais faire fermer les portes.
Hermidas. − Oh ! je t'en empêcherai bien, moi ; car tu serais le premier à te repentir du tort que tu nous
ferais.
Arlequin. − Prouvez−moi mon repentir, et je vous lâche.
Phocion, donnant plusieurs pièces d'or à Arlequin. − Tiens, mon ami, voilà déjà un commencement de
preuves ; ne serais−tu pas fâché d'avoir perdu cela ? 
Arlequin. − Oui−da, il y a toute apparence ; car je suis bien aise de l'avoir. 
Hermidas. − As−tu encore envie de faire du bruit ? 
Arlequin. − Je n'ai encore qu'un commencement d'envie de n'en plus faire.
Hermidas. − Achevez de la déterminer, Madame.
Phocion, lui en donnant encore. − Prends encore ceci. Es−tu content ? 
Arlequin. − Oh ! voilà l'abrégé de ma mauvaise humeur. Mais de quoi s'agit−il, mes libérales dames ? 
Hermidas. − Tiens, d'une bagatelle : Madame a vu Agis dans la forêt, et n'a pu le voir sans lui donner son
coeur.
Arlequin. − Cela est extrêmement honnête.
Hermidas. − Or, Madame qui est riche, qui ne dépend que d'elle, et qui l'épouserait volontiers, voudrait
essayer de le rendre sensible.
Arlequin. − Encore plus honnête.
Hermidas. − Madame ne saurait le rendre sensible qu'en liant quelque conversation avec lui, qu'en demeurant
même quelque temps dans la maison où il est.
Arlequin. − Pour avoir toutes ses commodités.
Hermidas. − Et cela ne se pourrait pas, si elle se présentait habillée suivant son sexe ; parce qu'Hermocrate
ne le permettrait pas, et qu'Agis lui−même la fuirait, à cause de l'éducation qu'il a reçue du philosophe.
Arlequin. − Malepeste ! de l'amour dans cette maison−ci ? ce serait une mauvaise auberge pour lui ; la
sagesse d'Agis, d'Hermocrate et de Léontine, sont trois sagesses aussi inciviles pour l'amour qu'il y en ait dans
le monde ; il n'y a que la mienne qui ait un peu de savoir−vivre.
Phocion. − Nous le savions bien.
Hermidas. − Et voilà pourquoi Madame a pris le parti de se déguiser pour paraître ; ainsi tu vois bien qu'il
n'y a point de mal à tout cela.
Arlequin. − Eh ! pardi, il n'y a rien de si raisonnable. Madame a pris de l'amour en passant, pour Agis. Eh
bien ! qu'est−ce ? Chacun prend ce qu'il peut : voilà bien de quoi ! Allez, gracieuses personnes, ayez bon
courage ; je vous offre mes services. Vous avez perdu votre coeur ; faites vos diligences pour en attraper un
autre ; si on trouve le mien, je le donne.
Phocion. − Va, compte sur ma parole ; tu jouiras bientôt d'un sort qui ne te laissera envier celui de personne.
Hermidas. − N'oublie pas, dans le besoin, que Madame s'appelle Phocion, et moi Hermidas. 
Phocion. − Et surtout qu'Agis ne sache point qui nous sommes.
Arlequin. − Ne craignez rien, seigneur Phocion, touchez là, camarade Hermidas ; voilà comme je parle, moi.
Hermidas. − Paix ! voilà quelqu'un qui arrive.