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SUJET : Camus, La Peste - Le docteur regardait toujours par la fenêtre... | Commentaires composés | Camus | Réécriture

Commentaires composés | Camus | Réécriture

Camus, La Peste - Le docteur regardait toujours par la fenêtre...

Albert Camus, La Peste – Le docteur regardait toujours par la fenêtre

 

Le docteur regardait toujours par la fenêtre. D'un côté de la vitre, le ciel frais du printemps, et de l'autre côté le mot qui résonnait encore dans la pièce : la peste. Le mot ne contenait pas seulement ce que la science voulait bien y mettre, mais une longue suite d'images extraordinaires qui ne s'accordaient pas avec cette ville jaune et grise, modérément animée à cette heure, bourdonnante plutôt que bruyante, heureuse en somme, s'il est possible qu'on puisse être à la fois heureux et morne. Et une tranquillité si pacifique et si indifférente niait presque sans effort les vieilles images du fléau, Athènes empestée et désertée par les oiseaux, les villes chinoises remplies d'agonisants silencieux, les bagnards de Marseille empilant dans des trous les corps dégoulinants, la construction en Provence du grand mur qui devait arrêter le vent furieux de la peste, Jaffa et ses hideux mendiants, les lits humides et pourris collés à la terre battue de l'hôpital de Constantinople, les malades tirés avec des crochets, le carnaval des médecins  masqués pendant la Peste noire, les accouplements des vivants dans les cimetières de Milan, les charrettes de morts dans Londres épouvanté, et les nuits et les jours remplis partout et toujours du cri interminable des hommes. Non, tout cela n'était pas encore assez fort pour tuer la paix de cette journée. De l'autre côté de la vitre, le timbre d'un tramway invisible résonnait tout d'un coup et réfutait en une seconde la cruauté et la douleur. Seule la mer, au bout du damier terne des maisons, témoignait de ce qu'il y a d'inquiétant et de jamais reposé dans le monde. Et le docteur Rieux, qui regardait le golfe, pensait à ces bûchers dont parle Lucrèce et que les Athéniens frappés par la maladie élevaient devant la mer. On y portait les morts durant la nuit, mais la place manquait et les vivants se battaient à coups de torches pour y placer ceux qui leur avaient été chers, soutenant des luttes sanglantes plutôt que d'abandonner leurs cadavres. On pouvait imaginer les bûchers rougeoyants devant l'eau tranquille et sombre, les combats de torches dans la nuit crépitante d'étincelles et d'épaisses vapeurs empoisonnées montant vers le ciel attentif. On pouvait craindre...

Mais ce vertige ne tenait pas devant la raison. Il est vrai que le mot de « peste » avait été prononcé, il est vrai qu'à la minute même le fléau secouait et jetait à terre une ou deux victimes. Mais quoi, cela pouvait s'arrêter. Ce qu'il fallait faire, c'était reconnaître clairement ce qui devait être reconnu, chasser enfin les ombres inutiles et prendre les mesures qui convenaient. Ensuite, la peste s'arrêterait parce que la peste ne s'imaginait pas ou s'imaginait faussement. Si elle s'arrêtait, et c'était le plus probable, tout irait bien. Dans le cas contraire, on saurait ce qu'elle était et s'il n'y avait pas moyen de s'en arranger d'abord pour la vaincre ensuite.

Le docteur ouvrit la fenêtre et le bruit de la ville s'enfla d'un coup. D'un atelier voisin montait le sifflement bref et répété d'une scie mécanique. Rieux se secoua. Là était la certitude, dans le travail de tous les jours. Le reste tenait à des fils et à des mouvements insignifiants, on ne pouvait s'y arrêter. L'essentiel était de bien faire son métier.

 

Albert Camus : écrivain, dramaturge et philosophe né le 7 novembre 1913 en Algérie et mort le 4 janvier 1960 dans l'Yonne. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1957.

 

La Peste est un roman de 1947, qui raconte une épidémie de peste qui s’abat sur la ville d’Oran, fléau qui peut aussi être perçu comme la métaphore de la peste brune, la montée du nazisme.

 

Le docteur Rieux contemple sa ville, empestée.

Quelle vision de la peste est donnée dans cet extrait ?

Comment le docteur conçoit-il son rôle ? 

 

I- Oran vue de la fenêtre

            A- Vues du docteur Rieux

• Focalisation interne > la scène est vue par le docteur Rieux.

Cf. « Le docteur regardait » ; « D'un côté » ; « de l'autre côté »…

• Vision et ouïe.

Cf. « regardait » ; « résonnait ».

• Opposition :

Cf. « le ciel frais du printemps » vs. « la peste ».

• Le groupe nominal « la peste » est rejeté en fin de phrase : mise en relief.

• Montrez que le narrateur réfléchit sur le terme.

Cf. « le mot » ; « le mot »…

Réflexion.

Cf. « la science » vs. « une longue suite d'images extraordinaires… »

Opposition entre le rationnel, le scientifique et la réalité.