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SUJET : Tournier - Il y a deux éléments dans l’éducation : l’information et l’initiation... | Commentaires composés | Tournier

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Tournier - Il y a deux éléments dans l’éducation : l’information et l’initiation...

 Il y a deux éléments dans l’éducation : l’information et l’initiation. Jusqu’au XVIIIe siècle, l’éducation –essentiellement morale, humaniste et religieuse – donnait le pas à l’initiation sur l’information. Voltaire et Diderot ont dénoncé cette éducation par trop intéressée et aristocratique. Depuis, la part initiatique de l’éducation ne cesse de reculer. On a abandonné le grec et le latin . La littérature est considérée comme un ornement inutile. L’histoire et la géographie menacent d’être reléguées à leur tour. Il ne s’agit plus que de fournir à l’enfant des connaissances qui lui serviront dans la vie, c’est-à-dire qui l’asserviront à la fonction qu’on lui assignera. On veut fabriquer un instrument utile au corps social. C’est doublement aberrant. D’abord parce qu’il n’y a pas de véritable éducation sans une part totalement inutile, invendable, irrécupérable. Cet absolu doit être particulièrement préservé chez l’enfant qui est destiné à des tâches répétitives. Je pense que l’enseignement du grec, du latin et de la poésie française sont plus urgents chez les enfants destinés à devenir grutiers ou garçons bouchers que chez ceux à qui on prépare une carrière d’avocat ou de médecin.

Ensuite, il y a bon nombre de professions – les plus brillantes peut-être – pour lesquelles les exercices de mathématiques sont non seulement inutiles mais sans doute néfastes. Toutes celles qui reposent sur la recherche d’une certaine qualité et non sur la manipulation de symboles quantitatifs abstraits. La radio, la télévision, la presse, la publicité, l’édition, les industries textiles, le droit, la diplomatie, les échanges commerciaux, toutes les carrières politiques, je cite pêle-mêle, eh bien ! ces professions sont résolument anti-mathématiques. Il y a cependant des professions où une base scientifique est indispensable, mais elle doit être dominée par autre chose qui n’est pas scientifique, et l’équilibre est très difficile à obtenir, comme par exemple, la médecine et l’architecture.
On tremble en pensant aux ravages que provoquerait un juge qui n’aurait de culture que mathématique ou un médecin qui ne connaîtrait que la biologie. Non, le fétichisme des mathématiques et des sciences physiques tel qu’il est pratiqué actuellement dans notre enseignement est une aberration. Si les enfants ne lui opposaient pas une résistance instinctive et massive, on verrait sortir des écoles et des universités des masses uniformisées de petits Diafoirus polytechniciens aussi inutilisables que les Diafoirus jargonnant le latin de cuisine de Molière.