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SUJET : Pierre Souvestre et Marcel Allain, Fantômas : l’agent secret, Vagualame, qui êtes-vous ? dites-le-moi… | Commentaires composés | roman

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Pierre Souvestre et Marcel Allain, Fantômas : l’agent secret, Vagualame, qui êtes-vous ? dites-le-moi…

 — Vagualame, qui êtes-vous ? dites-le-moi…

— Qui je suis ! pardieu !… tu le demandes ? tu veux le savoir? Eh bien ! qu’il soit fait suivant ta volonté !… C’est ta dernière volonté !… Qui je suis ?… regarde !
Lentement, d’un mouvement digne et sûr, Vagualame déroulait la longue cape dans laquelle il était enveloppé.
Il arrachait son chapeau qu’il jetait à ses pieds et, les bras croisés, fixant Bobinette, il l’apostrophait :
— Ose dire mon nom ! ose me nommer !…
Devant Bobinette se dressait une terrifiante silhouette.
Le mendiant de tout à l’heure, sa cape enlevée, dépouillé de son chapeau, apparaissait soudain non plus comme un vieillard au corps tassé, mais comme un homme à coup sûr jeune, vigoureux, superbement musclé.
Il était vêtu, ganté plutôt, d’un maillot collant de laine noire qui, des pieds jusqu’au cou, le gainait étroitement…
Bobinette ne pouvait apercevoir son visage : celui-ci était dissimulé par une longue cagoule noire enveloppant entièrement sa tête ; seuls les yeux, d’où sortaient deux reflets fauves, deux regards de feu, lumineux, impressionnants dans leur fixité, étaient apparents…
Cette vision, la vision de cet homme, sans visage, sans ressemblance avec un autre homme, la vision de cette apparition, au masque anonyme, au corps de statue, de cet être qui n’était aucun être reconnaissable, avait quelque chose de si précis en son mystère que Bobinette, un quart de seconde, l’ayant contemplée, hurla d’une voix rauque, inhumaine, mourante :
— Fantômas ! ah ! vous êtes Fantômas !
… L’orage redoublait de violence, la tempête déchaînée multipliait ses hurlements sinistres, la nuit se faisait plus sombre, la pluie plus lourde, le vent plus impétueux !
— Fantômas ! vous êtes Fantômas !
Bobinette répétait inlassablement son exclamation.
Et telle était sa surprise, tel était son émoi de se trouver réellement en présence de l’insaisissable, de l’inidentifiable bandit qu’elle oubliait presque ses horribles menaces ; hébétée1, anéantie, incapable d’une pensée consciente.
— Fantômas ! vous êtes Fantômas !
Comme à dessein, comme jouissant du trouble de la pauvre fille, le bandit ne se hâtait point de répondre.
— Eh bien, oui ! faisait-il enfin, je suis Fantômas !… Je suis celui que le monde entier recherche, que nul n’a jamais vu, que nul ne peut reconnaître ! Je suis le Crime ! Je suis la Nuit ! Je n’ai pas de visage, pour personne, parce que la nuit, parce que le crime n’ont point de visage !… Je suis la puissance illimitée ; je suis celui qui se raille2de tous les pouvoirs, de toutes les forces, de tous les efforts ! Je suis le maître de tous, de tout, de l’heure, du temps ! Je suis la Mort ! Bobinette, tu l’as dit, je suis Fantômas !…


1 Hébétée : abasourdie.
2 Se railler : se moquer.