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SUJET : Victor Hugo, Les Misérables, M. Madeleine se retourna, et reconnut Javert... | Commentaires composés | Hugo | roman

Commentaires composés | Hugo | roman

Victor Hugo, Les Misérables, M. Madeleine se retourna, et reconnut Javert...

Victor Hugo, Les Misérables, M. Madeleine se retourna, et reconnut Javert...

 

M. Madeleine se retourna, et reconnut Javert. Il ne l’avait pas aperçu en arrivant.

Javert continua :

- C’est la force. Il faudrait être un terrible homme pour faire la chose de lever une voiture comme cela sur son dos.

Puis, regardant fixement M. Madeleine, il poursuivit en appuyant sur chacun des mots qu’il prononçait :

- Monsieur Madeleine, je n’ai jamais connu qu’un seul homme capable de faire ce que vous demandez là.

Madeleine tressaillit.

Javert ajouta avec un air d’indifférence, mais sans quitter des yeux Madeleine :

- C’était un forçat.

- Ah ! dit Madeleine.

- Du bagne de Toulon.

Madeleine devint pâle.

Cependant la charrette continuait à s’enfoncer lentement. Le père Fauchelevent râlait et hurlait :

- J’étouffe ! Ça me brise les côtes ! Un cric ! quelque chose ! Ah !

Madeleine regarda autour de lui :

- Il n’y a donc personne qui veuille gagner vingt louis et sauver la vie à ce pauvre vieux ?

Aucun des assistants ne remua. Javert reprit :

- Je n’ai jamais connu qu’un homme qui pût remplacer un cric. C’était ce forçat.

- Ah ! voilà que ça m’écrase ! cria le vieillard.

Madeleine leva la tête, rencontra l’œil de faucon de Javert toujours attaché sur lui, regarda les paysans immobiles, et sourit tristement. Puis, sans dire une parole, il tomba à genoux, et avant même que la foule eût eu le temps de jeter un cri, il était sous la voiture.

Il y eut un affreux moment d’attente et de silence.

On vit Madeleine presque à plat ventre sous ce poids effrayant essayer deux fois en vain de rapprocher ses coudes de ses genoux. On lui cria : - Père Madeleine ! retirez-vous de là ! - Le vieux Fauchelevent lui-même lui dit : - Monsieur Madeleine ! allez-vous-en ! C’est qu’il faut que je meure, voyez-vous ! Laissez-moi ! Vous allez vous faire écraser aussi ! -Madeleine ne répondit pas.

Les assistants haletaient. Les roues avaient continué de s’enfoncer, et il était déjà devenu presque impossible que Madeleine sortît de dessous la voiture.

Tout à coup on vit l’énorme masse s’ébranler, la charrette se soulevait lentement, les roues sortaient à demi de l’ornière. On entendit une voix étouffée qui criait :

- Dépêchez-vous ! aidez ! C’était Madeleine qui venait de faire un dernier effort.

Ils se précipitèrent. Le dévouement d’un seul avait donné de la force et du courage à tous. La charrette fut enlevée par vingt bras. Le vieux Fauchelevent était sauvé.

Madeleine se releva. Il était blême1, quoique ruisselant de sueur. Ses habits étaient déchirés et couverts de boue. Tous pleuraient. Le vieillard lui baisait les genoux et l’appelait le bon Dieu. Lui, il avait sur le visage je ne sais quelle expression de souffrance heureuse et céleste, et il fixait son œil tranquille sur Javert qui le regardait toujours.

 

 

 Extrait du corrigé :

 

Victor Hugo : écrivain, dramaturge, poète, homme politique, académicien et intellectuel engagé, né le 26 février 1802 à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris. Il est l’un des plus grands écrivains français et repose au Panthéon depuis le lundi 1er juin 1885.

            Son œuvre est très diverse : romans, poésie lyrique, drames en vers et en prose, discours politiques à la Chambre des Pairs, correspondance abondante.

 

            Les Misérables : roman paru en 1862 qui est l’un des plus populaires de la littérature française. Victor Hugo y décrit la vie de misérables dans le Paris du XIXe siècle et s'attache plus particulièrement aux pas du bagnard Jean Valjean. Mais on y rencontre aussi des personnages marquants, tels Cosette, Fantine, Gavroche, les Thénardier ou Javert. Roman social.

 

            Lettre du 23 mars 1862 de Victor Hugo à son éditeur Lacroix au sujet des Misérables : « Ma conviction est que ce livre sera un des principaux sommets, sinon le principal, de mon œuvre ».

 

Situation de l’extrait :

Valjean, ancien força échappé du bagne de Toulon, est devenu maire de Montreuil,  sous le nom de M. Madeleine. Grâce à la bonté et à la confiance d’un prêtre, Mgr Myriel, il s’est converti et a fait œuvre de rédemption. Mais l’inspecteur Javert le poursuit.

Un accident est survenu, un vieux monsieur, Fauchelevent, est écrasé par une charrette. Javert, qui sait que Valjean possède une force hors du commun, est témoin de la scène.

 

=> Dans cet extrait, dilemme de Valjean.

 

I- Javert vs. Madeleine

            A- Reconnaissance

• Javert est témoin de l’accident.

• « M. Madeleine se retourna, et reconnut Javert. » :

- verbes au passé simple. Rapidité de l’action.