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SUJET : Honoré de Balzac, Le Père Goriot, Vous voudriez bien savoir qui je suis, ce que j’ai fait... | Commentaires composés | Balzac | roman

Commentaires composés | Balzac | roman

Honoré de Balzac, Le Père Goriot, Vous voudriez bien savoir qui je suis, ce que j’ai fait...

Honoré de Balzac, Le Père Goriot, Vous voudriez bien savoir qui je suis, ce que j’ai fait...

 

— Vous voudriez bien savoir qui je suis, ce que j’ai fait, ou ce que je fais, reprit Vautrin. Vous êtes trop curieux, mon petit. Allons, du calme. Vous allez en entendre bien d’autres ! J’ai eu des malheurs. Écoutez-moi d’abord, vous me répondrez après. Voilà, ma vie antérieure en trois mots. Qui suis-je ? Vautrin. Que fais-je ? Ce qui me plaît. Passons. Voulez-vous connaître mon caractère ? Je suis bon avec ceux qui me font du bien ou dont le cœur parle au mien. A ceux-là tout est permis, ils peuvent me donner des coups de pied dans les os des jambes sans que je leur dise : Prends garde ! Mais, nom d’une pipe ! je suis méchant comme le diable avec ceux qui me tracassent, ou qui ne me reviennent pas. Et il est bon de vous apprendre que je me soucie de tuer un homme comme de ça ! dit-il en lançant un jet de salive. Seulement je m’efforce de le tuer proprement, quand il le faut absolument. Je suis ce que vous appelez un artiste. J’ai lu les Mémoires de Benvenuto Cellini(1), tel que vous me voyez, et en italien encore ! J’ai appris de cet homme-là, qui était un fier luron, à imiter la Providence(2) qui nous tue à tort et à travers, et à aimer le beau partout où il se trouve. N’est-ce pas d’ailleurs une belle partie à jouer que d’être seul contre tous les hommes et d’avoir la chance ? J’ai bien réfléchi à la constitution actuelle de votre désordre social. Mon petit, le duel est un jeu d’enfant, une sottise. Quand de deux hommes vivants l’un doit disparaître, il faut être imbécile pour s’en remettre au hasard. Le duel ? croix ou pile(3) ! voilà. Je mets cinq balles de suite dans un as de pique en renfonçant chaque nouvelle balle sur l’autre, et à trente-cinq pas encore ! quand on est doué de ce petit talent-là, l’on peut se croire sûr d’abattre son homme. Eh bien ! j’ai tiré sur un homme à vingt pas, je l’ai manqué. Le drôle n’avait jamais manié de sa vie un pistolet. Tenez ! dit cet homme extraordinaire en défaisant son gilet et montrant sa poitrine velue comme le dos d’un ours, mais garnie d’un crin fauve qui causait une sorte de dégoût mêlé d’effroi, ce blanc-bec m’a roussi le poil, ajouta-t-il en mettant le doigt de Rastignac sur un trou qu’il avait au sein. Mais dans ce temps-là j’étais un enfant, j’avais votre âge, vingt et un ans. Je croyais encore à quelque chose, à l’amour d’une femme, un tas de bêtises dans lesquelles vous allez vous embarbouiller. Nous nous serions battus, pas vrai ? Vous auriez pu me tuer. Supposez que je sois en terre, où seriez-vous ? Il faudrait décamper, aller en Suisse, manger l’argent de papa, qui n’en a guère. Je vais vous éclairer, moi, la position dans laquelle vous êtes ; mais je vais le faire avec la supériorité d’un homme qui, après avoir examiné les choses d’ici-bas, a vu qu’il n’y avait que deux partis à prendre : ou une stupide obéissance ou la révolte. Je n’obéis à rien, est-ce clair ? Savez-vous ce qu’il vous faut, à vous, au train dont vous allez ? un million, et promptement ; sans quoi, avec notre petite tête, nous pourrions aller flâner dans les filets de Saint-Cloud(4), pour voir s’il y a un Être-Suprême(5). Ce million, je vais vous le donner.

 

(1) Benvenuto Cellini : célèbre artiste de la Renaissance, connu pour sa vie hardie et mouvementée.

(2) Providence : nom donné au destin.

(3) Croix ou pile : pile ou face.

(4 )Aller flâner dans les filets de Saint-Cloud : se jeter à la Seine. À la hauteur de Saint-Cloud, des filets tendus dans la Seine recueillaient les corps des noyés qui descendaient le fleuve.

(5) Être-Suprême : nom donné à Dieu.

 

Extrait du corrigé :

Balzac : grand romancier du XIXe siècle, romancier réaliste. Auteur d’un immense projet, la Comédie humaine, cycle cohérent de plusieurs dizaines de romans, nouvelles, contes philosophiques, à travers laquelle il voulait  décrire de façon quasi-exhaustive la société française de son temps et faire concurrence « concurrence à l'état-civil ».

 

Le Père Goriot : roman célèbre de 1834 où l’on rencontre des personnages que l’on retrouvera dans d’autres romans, et notamment le jeune Eugène de Rastignac.

Roman qui comporte 3 intrigues :

- Le parcours aventureux de Rastignac, jeune ambitieux à Paris,

- Le triste destin d’un père de famille, Goriot,  qui s’est ruiné pour ses filles,

- Les intrigues du mystérieux Vautrin.

 

Vautrin est un personnage très mystérieux (Balzac s’est inspiré du fameux Vidocq). Dans cet extrait, il discute avec le jeune Rastignac.

 

I- Un autoportrait

            A- Vautrin à Rastignac

• Montrez que Vautrin parle à Rastignac avec un ton paternel.

Ex : « mon petit » : « mon petit »…

Ex : « Allons, du calme ».

Ex « vous êtes trop curieux » ; « Vous voudriez bien savoir… » > sorte de paternalisme.

• « Vous voudriez bien savoir qui je suis, ce que j’ai fait, ou ce que je fais, reprit Vautrin. »

- Vautrin fait référence à la curiosité de Rastignac.

- Rythme ternaire.

- « qui je suis » > personnalité.

- « ce que j’ai fait, ou ce que je fais » > actes.

=> Vautrin va se présenter à Rastignac.

• Portrait pour Rastignac.

Cf. « Voulez-vous connaître mon caractère ? » > question rhétorique. Il ne lui laisse pas répondre à la question.

Cf. « Voilà, ma vie antérieure en trois mots. ».

NB : « en trois mots » > pourtant, il va développer finalement son portrait.