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SUJET : Ionesco, Rhinocéros, Acte I, scène 1 | Commentaires composés | Ionesco

Commentaires composés | Ionesco

Ionesco, Rhinocéros, Acte I, scène 1
JEAN, l'interrompant. - Vous êtes dans un triste état, mon ami...

  

Au début de la pièce, deux amis se retrouvent, dans une ville où une étrange maladie, "la rhinocérite", transformera peu à peu les habitants, sauf Bérenger, en rhinocéros. Cette transformation constitue une image de la montée du nazisme ou d'autres formes de totalitarisme.

 

JEAN, l'interrompant. - Vous êtes dans un triste état, mon ami.

BERENGER. - Dans un triste état, vous trouvez ?

JEAN. - Je ne suis pas aveugle. Vous tombez de fatigue, vous avez encore perdu la nuit, vous bâillez, vous êtes mort de sommeil...

BERENGER. - J'ai un peu mal aux cheveux...

JEAN. - Vous puez l'alcool !

BERENGER. - J'ai un petit peu la gueule de bois, c'est vrai !

JEAN. - Tous les dimanches matin, c'est pareil, sans compter les jours de la semaine.

BERENGER. - Ah non, en semaine c'est moins fréquent, à cause du bureau...

JEAN. - Et votre cravate, où est-elle ? Vous l'avez perdue dans vos ébats !

BERENGER, mettant la main à son cou. - Tiens, c'est vrai, c'est drôle, qu'est-ce que j'ai bien pu en faire ?

JEAN, sortant une cravate de la poche de son veston. - Tenez, mettez celle-ci.

BERENGER. - Oh, merci, vous êtes bien obligeant. (il noue la cravate à son cou.)

JEAN, pendant que Bérenger noue sa cravate au petit bonheur. - Vous êtes tout décoiffé ! (Bérenger passe les doigts dans ses cheveux.) Tenez, voici un peigne ! (Il sort un peigne de l'autre poche de son veston.)

BERENGER, prenant le peigne. - Merci. (Il se peigne vaguement.)

JEAN. - Vous ne vous êtes pas rasé ! Regardez la tête que vous avez. (Il sort une petite glace de la poche intérieure de son veston, la tend à Bérenger qui s'y examine ; en se regardant dans la glace, il tire la langue.)

BERENGER. - J'ai la langue bien chargée.

JEAN, reprenant la glace et la remettant dans sa poche. - Ce n'est pas étonnant !... (Il reprend aussi le peigne que lui tend Bérenger, et le remet dans sa poche.) La cirrhose (1) vous menace, mon ami.

BERENGER, inquiet. - Vous croyez ?...

JEAN, à Bérenger qui veut lui rendre la cravate. - Gardez la cravate, j'en ai en réserve.

BERENGER, admiratif. - Vous êtes soigneux, vous.

JEAN, continuant d'inspecter Bérenger. - Vos vêtements sont tout chiffonnés, c'est lamentable, votre chemise est d'une saleté repoussante, vos souliers... (Bérenger essaye de cacher ses pieds sous la table.) Vos souliers ne sont pas cirés... Quel désordre !... Vos épaules...

BERENGER. -Qu'est-ce qu'elles ont, mes épaules ?...

JEAN. - Tournez-vous. Allez, tournez-vous. Vous vous êtes appuyé contre un mur... (Bérenger étend mollement sa main vers Jean.) Non, je n'ai pas de brosse sur moi, cela gonflerait les poches. (Toujours mollement, Bérenger donne des tapes sur ses épaules pour en faire sortir la poussière blanche ; Jean écarte la tête.) Oh là là... Où donc avez-vous pris cela ?

BERENGER. - Je ne m'en souviens pas.

JEAN. - C'est lamentable, lamentable ! J'ai honte d'être votre ami.

BERENGER. - Vous êtes bien sévère...

 

1. cirrhose : maladie du foie.

 

Extrait du corrigé :

Rhinocéros : pièce de théâtre en trois actes, en prose d'Eugène Ionesco, créée dans une traduction allemande au Schauspielhaus de Düsseldorf le 6 novembre 1959, publiée en français à Paris chez Gallimard la même année. Elle est représentée dans sa version française à Paris à l’Odéon-Théâtre de France le 22 janvier 1960.

 

Pièce qui pourrait être l’emblème du « théâtre de l’absurde ».

 

Intrigue : petit ville qui est en proie à une épidémie de « rhinocérite », maladie qui effraie tous les habitants d'une ville et les transforme bientôt tous en rhinocéros => métaphore de la montée du nazisme dans les années 30 ou de la collaboration en France durant la Seconde Guerre Mondiale.

 

Il s’agit d’une scène d’exposition. Sont en présence deux personnages, très opposés : Jean, très propre sur lui, autoritaire, et Bérenger, pas très propre, pas très soigné.

=> Comment cette scène peut-elle annoncer la suite de la pièce.

1 – Étudier les 2 protagonistes de cette scène ; 2– Étudier l’absurde qui se dégage du passage (annonciateur).

 

I- Le personnage de Jean 

              A- Un homme d’ordre

• Il est vêtu avec soin et a dans ses poches de quoi palier à un éventuel manque – cravate, peigne, miroir mais pas de brosse > se verrait. Très attentif aux apparences.

• Allure rigide, ne tolère pas les erreurs de son « ami ».

NB : son apparence stricte correspond à son tempérament.

• Le besoin d’ordre de Jean se traduit aussi par son langage directif. Cf. tous les impératifs « mettez celle-ci ; Tenez ; Regardez… »