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SUJET : Flaubert, Madame Bovary, Le bal à Vaubyessard | Commentaires composés | Flaubert | roman

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Commentaires composés | Flaubert | roman

Flaubert, Madame Bovary, Le bal à Vaubyessard
Emma fit sa toilette avec la conscience méticuleuse d'une actrice à son début...

 Emma fit sa toilette avec la conscience méticuleuse d'une actrice à son début.Elle disposa ses cheveux d'apres les recommandations du coiffeur,et elle entra dans sa robe de barège,étalée sur le lit.Le pantalon de Charles le serrait au ventre.
-Les sous-pieds vont me gner pour danser, dit-il.
-Danser?reprit Emma
-Oui!
-Mais tu as perdu la tete! on se moquerait de toi ,reste à ta place.D'ailleurs,c'est plus convenable pour un médecin ajouta-t-elle
Charles se tut. il marchait de long en large , attendant qu'Emma fut habillée.
Il la voyait par-derrière, dans la glace,entre deux flambeaux.Ses yeux noirs semblaient plus noirs.Ses bandeaux,doucement bombés vers les oreilles,luisaient d'un éclat bleu;une rose à son chignon tremblait sur une tige mobile, avec des gouttes d'eau factices au bout de ses feuilles.elle avait une robe safran pale , relevée par trois bouquets de roses pompon melées de verdure.
Charles vint l'embrasser sur l'épaule .
-Laisse-moi!dit-elle, tu me chiffonnes.
On entendit une ritournelle de violon et les sons d'un cor.Elle descendit l'escalier, se retenant de courir.les quadrilles étaient commencés.Il arrivait du monde .On se poussait.Elle se placa près de la porte,sur une banquette.(..)
A trois pas d'Emma, un cavalier en habit bleu causait Italie avec une jeune femme pâle, portant une parure de perles. Ils vantaient la grosseur des piliers de Saint-Pierre, Tivoli, le Vésuve, Castellamare et les Cassines, les roses de Gênes, le Colisée au clair de lune. Emma écoutait de son autre oreille une conversation pleine de mots qu'elle ne comprenait pas. On entourait un tout jeune homme qui avait battu, la semaine d'avant, Miss-Arabelle et Romulus, et gagné deux mille louis à sauter un fossé, en Angleterre. L'un se plaignait de ses coureurs qui engraissaient ; un autre des fautes d'impression qui avaient dénaturé le nom de son cheval.
L'air du bal était lourd ; les lampes pâlissaient. On refluait dans la salle de billard. Un domestique monta sur une chaise et cassa deux vitres ; au bruit des éclats de verre, Mme Bovary tourna la tête et aperçut dans le jardin, contre les carreaux, des faces de paysans qui regardaient. Alors le souvenir des Bertaux lui arriva. Elle revit la ferme, la mare bourbeuse, son père en blouse sous les pommiers, et elle se revit elle-même, comme autrefois, écrémant avec son doigt les terrines de lait dans la laiterie. Mais, aux fulgurations de l'heure présente, sa vie passée, si nette jusqu'alors, s'évanouissait tout entière, et elle doutait presque de l'avoir vécue. Elle était là ; puis autour du bal, il n'y avait plus que de l'ombre, étalée sur tout le reste. Elle mangeait alors une glace au marasquin, qu'elle tenait de la main gauche dans une coquille de vermeil, et fermait à demi les yeux, la cuiller entre les dents.
Une dame, près d'elle,laissa tomber son éventail.Un danseur passait.
-Que vous seriez bon, monsieur dit la dame , de vouloir bien ramasser mon éventail, qui est derrière ce canapé!
le monsieur s'inclina,et pandant qu'il faisait le mouvement d'etendre son bras, Emma vit la main de la jeune dame qui jetait dans son chapeau quelque chose de blanc, plié en triangle.Le monsieur,ramenant l'éventail, l'offrit à la dame, respectueusement;elle le remercia d'un signe de tete et se mit a respirer son bouquet.(...)
A trois heures du matin, le cotillon commença. Emma ne savait pas valser. Tout le monde valsait, Mlle d'Andervilliers elle-même et la Marquise ; il n'y avait plus que les hôtes du château, une douzaine de personnes à peu près.
Cependant, un des valseurs, qu'on appelait familièrement vicomte, et dont le gilet très ouvert semblait moulé sur la poitrine, vint une seconde fois encore inviter Mme Bovary, l'assurant qu'il la guiderait et qu'elle s'en tirerait bien.
Ils commencèrent lentement, puis allèrent plus vite. Ils tournaient: tout tournait autour d'eux, les lampes, les meubles, les lambris, et le parquet, comme un disque sur un pivot. En passant auprès des portes, la robe d'Emma, par le bas, s'ériflait au pantalon ; leurs jambes entraient l'une dans l'autre ; il baissait ses regards vers elle, elle levait les siens vers lui ; une torpeur la prenait, elle s'arrêta. Ils repartirent ; et, d'un mouvement plus rapide, le vicomte, l'entraînant, disparut avec elle jusqu'au bout de la galerie, où, haletante, elle faillit tomber, et, un instant, s'appuya la tête sur sa poitrine. Et puis, tournant toujours mais plus doucement, il la reconduisit à sa place ; elle se renversa contre la muraille et mit la main devant ses yeux. 
Quand elle les rouvrit, au milieu du salon, une dame assise sur un tabouret avait devant elle trois valseurs agenouillés. Elle choisit le vicomte, et le violon recommença.
On les regardait. Ils passaient et revenaient, elle immobile du corps et le menton baissé, et lui toujours dans sa même pose, la taille cambrée, le coude arrondi, la bouche en avant. Elle savait valser, celle-là ! Ils continuèrent longtemps et fatiguèrent tous les autres.
On causa quelques minutes encore, et, après les adieux ou plutôt le bonjour, les hôtes du château s'allèrent coucher.
Charles se traînait à la rampe, les genoux lui rentraient dans le corps. Il avait passé cinq heures de suite, tout debout devant les tables, à regarder jouer au whist sans y rien comprendre. Aussi poussa-t-il un grand soupir de satisfaction lorsqu'il eut retiré ses bottes. 
Emma mit un châle sur ses épaules, ouvrit la fenêtre et s'accouda.
La nuit était noire. Quelques gouttes de pluie tombaient. Elle aspira le vent humide qui lui rafraîchissait les paupières. La musique du bal bourdonnait encore à ses oreilles, et elle faisait des efforts pour se tenir éveillée, afin de prolonger l'illusion de cette vie luxueuse qu'il lui faudrait tout à l'heure abandonner.
Le petit jour parut. Elle regarda les fenêtres du château, longuement, tâchant de deviner quelles étaient les chambres de tous ceux qu'elle avait remarqués la veille. Elle aurait voulu savoir leurs existences, y pénétrer, s'y confondre.
Mais elle grelottait de froid. Elle se déshabilla et se blottit entre les draps, contre Charles qui dormait.