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SUJET : Arthur RIMBAUD, Poésies – « À la musique ». | Commentaires composés | Rimbaud

Commentaires composés | Rimbaud

Arthur RIMBAUD, Poésies – « À la musique ».
Sur la place taillée en mesquines pelouses...

 « À la musique ».

 

Place de la Gare, à Charleville.

 

  1. Sur la place taillée en mesquines pelouses,
  2. Square où tout est correct, les arbres et les fleurs,
  3. Tous les bourgeois poussifs qu'étranglent les chaleurs
  4. Portent, les jeudis soirs, leurs bêtises jalouses.

 

  1. L'orchestre militaire, au milieu du jardin,
  2. Balance ses schakos dans la Valse des fifres :
  3. Autour, aux premiers rangs, parade le gandin ;
  4. Le notaire pend à ses breloques à chiffres.

 

  1. Des rentiers à lorgnons soulignent tous les couacs :
  2. Les gros bureaux bouffis traînant leurs grosses dames
  3. Auprès desquelles vont, officieux cornacs,
  4. Celles dont les volants ont des airs de réclames ;

 

  1. Sur les bancs verts, des clubs d'épiciers retraités
  2. Qui tisonnent le sable avec leur canne à pomme,
  3. Fort sérieusement discutent les traités,
  4. Puis prisent en argent, et reprennent : " En somme !... "

 

  1. Épatant sur son banc les rondeurs de ses reins,
  2. Un bourgeois à boutons clairs, bedaine flamande,
  3. Savoure son onnaing d'où le tabac par brins
  4. Déborde - vous savez, c'est de la contrebande ; -

 

  1. Le long des gazons verts ricanent les voyous ;
  2. Et, rendus amoureux par le chant des trombones,
  3. Très naïfs, et fumant des roses, les pioupious
  4. Caressent les bébés pour enjôler les bonnes...

 

  1. Moi, je suis, débraillé comme un étudiant,
  2. Sous les marronniers verts les alertes fillettes :
  3. Elles le savent bien ; et tournent en riant,
  4. Vers moi, leurs yeux tout pleins de choses indiscrètes.

 

  1. Je ne dis pas un mot : je regarde toujours
  2. La chair de leurs cous blancs brodés de mèches folles :
  3. Je suis, sous le corsage et les frêles atours,
  4. Le dos divin après la courbe des épaules.

 

  1. J'ai bientôt déniché la bottine, le bas...
  2. Je reconstruis les corps, brûlé de belles fièvres.
  3. Elles me trouvent drôle et se parlent tout bas...
  4. Et je sens les baisers qui me viennent aux lèvres...

 

Extrait du corrigé :

 Arthur Rimbaud (20 octobre 1854 - 10 novembre 1891) : poète très célèbre.

Poète dont l’oeuvre a marqué la poésie française. Rimbaud a inventé une langue nouvelle : « de l'âme pour l'âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant » (Lettre du voyant).

Après Aloysius Bertrand et Baudelaire, Rimbaud a lui aussi écrit des poèmes en prose…

 

Poète qui demeure l’éternel adolescent et qui a beaucoup influencé les générations suivantes de poètes.

Cf. Char : « Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud ! Tes dix-huit ans réfractaires à l'amitié, à la malveil­lance, à la sottise des poètes de Paris ainsi qu'au ronronnement d'abeille stérile de ta famille arden­naise un peu folle, tu as bien fait de les éparpiller aux vents du large, de les jeter sous le couteau de leur précoce guillotine ».

 

 

Tableau satirique du jeune Rimbaud qui peint avec ironie les bourgeois puis les jeunes gens.

9 quatrains. 36 alexandrins. Rimes croisées du type abab.

 

I- Le tableau des bourgeois 

              => Le jeune poète décrit le groupe de bourgeois de manière caricaturale : caricature du notaire (« breloques à chiffres »), caricature des rentiers (« des rentiers à lorgnons »), caricature des bureaucrates (« les gros bureaux » > métonymie, du lieu pour la fonction, la personne qui fait le métier).

+ traits communs à la bourgeoisie :

              A- L'embonpoint

• Les bourgeois ne sont pas minces (caricature très commune au XIXe siècle du très gros bourgeois).

– Cf. les adjectifs qui relèvent du champ lexical de la grosseurs : « gros ; grosses ; bouffis » > connotations péjoratives.

– Cf. les allusions à l’embonpoint : « bedaines ; « flamandes » (peuple qui a la réputation d’être assez gros) ; « rondeurs des reins ».

– Cf. les problèmes liés au surpoids : « qu'étranglent les chaleurs » ; « poussif » => l’embonpoint empêche de bien respirer, de bien marcher…

– Cf. jeunes filles (« celles dont les volants ont des airs de réclames » ) comparées à des « cornacs » (Cornac = Personne chargée de soigner et de conduire les éléphants qui servent aux travaux agricoles ou forestiers et aux transports) => cela suggère que leurs mères sont des éléphants => sont très grosses !