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SUJET : Victor Hugo, Les Contemplations, À celle qui est restée en France | Commentaires composés | Hugo | Poésie

Commentaires composés | Hugo | Poésie

Victor Hugo, Les Contemplations, À celle qui est restée en France

 Mets-toi sur ton séant, lève tes yeux, dérange

Ce drap glacé qui fait des plis sur ton front d'ange,

Ouvre tes mains, et prends ce livre : il est à toi.

 

Ce livre où vit mon âme, espoir, deuil, rêve, effroi,

Ce livre qui contient le spectre de ma vie,

Mes angoisses, mon aube, hélas ! de pleurs suivie,

L'ombre et son ouragan, la rose et son pistil,

Ce livre azuré, triste, orageux, d'où sort-il ?

D'où sort le blême éclair qui déchire la brume ?

Depuis quatre ans, j'habite un tourbillon d'écume ;

Ce livre en a jailli. Dieu dictait, j'écrivais ;

Car je suis paille au vent. Va ! dit l'esprit. Je vais.

Et, quand j'eus terminé ces pages, quand ce livre

Se mit à palpiter, à respirer, à vivre,

Une église des champs, que le lierre verdit,

Dont la tour sonne l'heure à mon néant, m'a dit :

Ton cantique est fini ; donne-le-moi, poëte.

- Je le réclame, a dit la forêt inquiète ;

Et le doux pré fleuri m'a dit : - Donne-le-moi.

La mer, en le voyant frémir, m'a dit : - Pourquoi

Ne pas me le jeter, puisque c'est une voile !

- C'est à moi qu'appartient cet hymne, a dit l'étoile.

- Donne-le-nous, songeur, ont crié les grands vents.

Et les oiseaux m'ont dit : - Vas-tu pas aux vivants

Offrir ce livre, éclos si loin de leurs querelles ?

Laisse-nous l'emporter dans nos nids sur nos ailes ! -

Mais le vent n'aura point mon livre, ô cieux profonds !

Ni la sauvage mer, livrée aux noirs typhons,

Ouvrant et refermant ses flots, âpres embûches ;

Ni la verte forêt qu'emplit un bruit de ruches ;

Ni l'église où le temps fait tourner son compas ;

Le pré ne l'aura pas, l'astre ne l'aura pas,

L'oiseau ne l'aura pas, qu'il soit aigle ou colombe,

Les nids ne l'auront pas ; je le donne à la tombe.

 

 Extrait du corrigé :

 

Victor-Marie Hugo : écrivain, dramaturge, poète, homme politique, académicien et intellectuel engagé, né le 26 février 1802 à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris. Il est l’un des plus grands écrivains français et repose au Panthéon depuis le lundi 1er juin 1885.

Son œuvre est très diverse : romans, poésie lyrique, drames en vers et en prose, discours politiques à la Chambre des Pairs, correspondance abondante.

Hugo est poète qui appartient à la première génération romantique => considère le poète comme un être différent, visionnaire à qui il octroie une mission sociale et historique.

 

 

Les Contemplations > recueil de 158 poèmes rassemblés en 6 livres que Victor Hugo a publié en 1856. La plupart des poèmes ont été écrits entre 1841 et 1855, mais les plus anciens datent de 1834.

NB : Léopoldine est morte le 4 septembre 1843.

            Recueil d’inspiration autobiographique, écrit après la mort de Léopoldine, la fille du poète, et  considéré comme le chef-d’œuvre lyrique de Victor Hugo => Les Contemplations sont un recueil du souvenir, de l’amour, de la joie mais aussi de la mort, du deuil et même mystique.

 

Poème – extrait :

34 alexandrins (> 12 syllabes, vers noble de la poésie française, vers hugolien par excellence).

Rimes suivies, de type AABB. Ex : « dérange ; ange ; toi ; effroi ».

Rimes suffisantes. Ex : « compas ; pas ».

Rimes riches. Ex : « livre ; vivre ».

 

 

« À celle qui est en France ». vs. Hugo.

NB : poème écrit lors de l’exil de Victor Hugo (qui s’opposait à Napoléon III).

 

Poème écrit de Guernesey, le 2 novembre 1855, jour des morts.

 

I- Un poète endeuillé et exilé

 

            A- 1e tercet

• Le début du poème commence par un tercet.

• Le poème commence son poème en s’adressant à quelqu’un.