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SUJET : Beckett, En attendant Godot, acte I, Pozzo - Je vous avais dit qu'il n'aime pas les étrangers. Il ne pleure plus. ... | Commentaires composés | Beckett | Théâtre

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Commentaires composés | Beckett | Théâtre

Beckett, En attendant Godot, acte I, Pozzo - Je vous avais dit qu'il n'aime pas les étrangers. Il ne pleure plus. ...

 POZZO 

Je vous avais dit qu'il n'aime pas les étrangers. Il ne pleure plus. Vous l'avez remplacé, en quelque sorte. Les larmes du monde sont immuables. Pour chacun qui se met à pleurer, quelque part un autre s'arrête. Il en va de même du rire. Ne disons donc pas de mal de notre époque, elle n'est pas plus malheureuse que les précédentes. N'en disons pas de bien non plus. N'en parlons pas. Il est vrai que la populations a augmenté.

VLADIMIR 
Ca va ?

POZZO 
Savez-vous qui m'a appris toutes ces belles choses ? 
Lui !

VLADIMIR 
La nuit ne viendra-t-elle donc jamais ?

POZZO 
Sans lui je n'aurais jamais pensé, jamais senti, que des choses basses, ayant trait à mon métier de - peu importe. La beauté, la grâce, la vérité de première classe, je m'en savais incapable. Alors je l'ai pris. Il y a longtemps que cela dure.

VLADIMIR 
Qui c'est ?

POZZO 
Vous n'êtes pas d'ici. Etes-vous seulement du siècle ? Autrefois on avait des bouffons. Maintenant on a... Ceux qui peuvent se le permettre.

VLADIMIR 
Et vous le chassez à présent ? Un si dévoué serviteur ?

ESTRAGON 
Fumier !

VLADIMIR 
Après en avoir profité vous le jetez comme un...comme une peau de banane. Avouez que...

POZZO 
Je n'en peux plus... plus supporter... ce qu'il fait... vous pouvez pas savoir... c'est affreux... faut qu'il s'en aille... je deviens fou...Je n'en peux plus... peux plus...

VLADIMIR 
Il n'en peux plus.

ESTRAGON 
C'est affreux.

VLADIMIR 
Il devient fou.

ESTRAGON 
C'est dégoûtant.

VLADIMIR (à Lucky) 
Comment osez-vous ? C'est honteux ! Un si bon maître ! Le faire souffrir ainsi ! Après tant d 'années ! Vraiment ! 
 

POZZO 
Mesieurs, je ne sais pas ce qui m'est arrivé. Je vous demande pardon. Oubliez tout ça. Je ne sais plus rès bien ce que j'ai dit, mais vous pouvez être sûrs qu'il n'y avait pas un mot de vrai là-dedans. Est-ce que j'ai l'air d'un homme qu'on fait souffrir, moi ? Voyons §

VLADIMIR 
Charmante soirée.

ESTRAGON 
Inoubliable

VLADIMIR 
Et ce n'est pas fini.

ESTRAGON 
On dirait que non.

VLADIMIR 
Ca ne fait que commencer.

ESTRAGON 
C'est terrible.

VLADIMIR 
On se croirait au spectacle.

ESTRAGON 
Il est marrant §

VLADIMIR 
Je reviens.

ESTRAGON 
Au fond du couloir, à gauche.

VLADIMIR 
Garde ma place.

ESTRAGON 
Il est tordant !

POZO 
Vous n'auriez pas vu. Oh ! Il est parti !... Sans me dire au revoir ! Ce n'est pas chic ! Vous auriez dû le retenir.

ESTRAGON 
Il s'est retenu tout seul. 
POZZO 
Oh ! A la bonne heure.

ESTRAGON 
Venez par ici.

POZZO 
Pourquoi faire ?

ESTRAGON 
Vous allez voir.

POZZO 
Vous voulez que je me lève ?

ESTRAGON 
Venez... venez... vite

ESTRAGON 
Regardez !

POZZO 
Oh là là !

ESTRAGON 
C'est fini.

POZZO 
Il n'est pas contend ?

ESTRAGON 
Tu as raté des choses formidables. Dommage.

POZZO 
Il s'apaise. D'ailleurs tout s'apaise, je le sens. Une grande paix descend. Ecoutez. Pan dort.

VLADIMIR 
La nuit ne viendra-t-elle jamais ?

POZZO 

POZZO 
Il ne peut plus supporter ma présence. Je suis sans doute peu humain, mais est-ce une raison ? Réfléchissez, avant de commettre une imprudence. Mettons que vous partiez maintenant, pendant qu'il fait encore jour, car malgré tout il fait encore jour. Bon. Que devient en ce cas - je suis éteint - en ce cas... en ce cas... que devient en ce cas votre rendez-vous avec ce... Godet... Godot... Godin... enfin vous voyez qui je veux dire, dont votre avenir dépend... enfin votre avenir immédiat.

ESTRAGON 
Il a raison.

VLADIMIR 
Comment le saviez-vous ?

POZZO 
Voilà qu'il m'adresse à nouveau la parole ! Nous finirons par nous prendre en affection.

ESTRAGON 
Pourquoi ne dépose-t-il pas ses bagages ?

POZZO 
Moi aussi je serais heureux de le rencontrer. Plus je rencontre de gens, plus je suis heureux. Avec la moindre créature on s'instruit, on s'enrichit, on goûte mieux son bonheur. Vous-mêmes, qui sait, vous m'aurez peut-être apporté quelque chose.

ESTRAGON 
Porquoi ne déposes-t-il pas ses bagages ?

POZZO 
Mais ça m'étonnerait.

VLADIMIR 
On vous pose une question.

POZZO 
Une question ? Qui ? Laquelle ? Tout à l'heure vous me disiez Monsieur, en tremblant. Maintenant vous me posez des questions. Ca va mal finir.

VLADIMIR 
Je crois qu'il t'écoute.

ESTRAGON 
Quoi ?

VLADIMIR 
Tu peux lui demander maintenant. Il est alerté.

ESTRAGON 
Lui demander quoi ?

VLADIMIR 
Pourquoi il ne dépose pas ses bagages .

ESTRAGON 
Je me le demande.

VLADIMIR 
Mais demande-lui, voyons.

POZZO 
Vous me demandez pourquoi il ne dépose pas ses bagages, comme vous dites ?

VLADIMIR 
Voilà.

POZZO 
Vous êtes bien d'accord ? Je vais vous répondre. Mais restez tranquille, je vous en supplie, vous me rendez nerveux.

VLADIMIR 
Viens ici.

ESTRAGON 
Qu'est-ce qu'il y a ?

VLADIMIR 
Il va parler.

POZZO 
C'est parfait. Tout lt monde y est ? Tout le monde me regarde ? Regarde-moi ! Parfait. Je suis prêt. Tout le monde m'écoute ? Avance ! Là ! Tout le monde est prêt ? Alors quoi ? Je n'aime pas parler dans le vide. Bon. Voyons.

ESTRAGON 
Je m'en vais.

POZZO 
Qu'est-ce que vous m'avez demandé au juste ?

VLADIMIR 
Pourquoi il ...

POZZO 
Ne me coupez  pas la parole ! Si nous parlons tous en même temps nous n'en sortirons jamais. Qu'est-ce que je disais ? Qu'est-ce que je disais ?

ESTRAGON 
Bagages ! Pourquoi ? Toujours tenir. Jamais déposer. Pourquoi ?

POZZO 
J'y suis. Il fallait me le dire plus tôt. Pourquoi il ne se met pas à son aise. Essayons d' y  voir clair. N'en a-t-il pas le droit ? Si. C'est donc qu'il ne veut pas ? Voilà qui est raisonné. Et pourquoi ne veut-il pas ? Messieurs je vais vous le dire.

VLADIMIR 
Attention !

POZZO 
C'est pour m'impressionner, pour que je le garde.

ESTRAGON 
Comment ?

POZZO 
Je me suis peut-être mal exprimé. Il cherche à m'apitoyer, pour que je renonce à me séparer de lui. Non, ce n'est pas tout à fait ça.

VLADIMIR 
Vous voulez vous en débarrasser ?

POZZO 
Il s'imagine qu'en le voyant bon serviteur je serai tenté de l'employer à l'avenir dans cette capacité.

ESTRAGON 
Vous n'en voulez plus ?

POZZO 
En réalité il sert mal. Ce n'est pas son métier.

VLADIMIR 
Vous voulez vous en débarrasser ?

POZZO 
Il se figure qu'en le voyant très zélè jevais regretter ma décision. Tel est son misérable calcul. Comme si jétais à court de larbins ! Je pense avoir répondu à votre question. En avez-vous d'autres ?

VLADIMIR 
Vous voulez vous en débarrasser ?

POZZO 
Remarquez que je pourrais être à sa place et lui à la mienne. A chacun son dû. 
VLADIMIR 
Vous voulez vous en débarrasser ?

POZZO 
Vous dites ?

VLADIMIR 
Vous voulez vous en débarrasser ?

POZZO 
En effet. Mais au lieu de le chasser, comme j'aurais pu, je veux dire au lieu de le mettre tout simplement à la porte, à coups de pied dans le cul, je l'emmène, telle est ma bonté, et je compte bien en tirer quelque chose.

ESTRAGON 
Il pleure.

POZZO 
Les chiens ont plus de dignité. Consolez-le puisque vous le plaignez. Dépêchez-vous. Bientôt il ne pleurera plus.

ESTRAGON 
Le salaud ! La vache !

POZZO 
Je vous avais dit qu'il n'aime pas les étrangers. Il ne pleure plus. Vous l'avez remplacé, en quelque sorte. Les larmes du monde sont immuables. Pour chacun qui se met à pleurer, quelque part un autre s'arrête. Il en va de même du rire. Ne disons donc pas de mal de notre époque, elle n'est pas plus malheureuse que les précédentes. N'en disons pas de bien non plus. N'en parlons pas. Il est vrai que la populations a augmenté.

VLADIMIR 
Ca va ?

POZZO 
Savez-vous qui m'a appris toutes ces belles choses ? 
Lui !

VLADIMIR 
La nuit ne viendra-t-elle donc jamais ?

POZZO 
Sans lui je n'aurais jamais pensé, jamais senti, que des choses basses, ayant trait à mon métier de - peu importe. La beauté, la grâce, la vérité de première classe, je m'en savais incapable. Alors je l'ai pris. Il y a longtemps que cela dure.

VLADIMIR 
Qui c'est ?

POZZO 
Vous n'êtes pas d'ici. Etes-vous seulement du siècle ? Autrefois on avait des bouffons. Maintenant on a... Ceux qui peuvent se le permettre.

VLADIMIR 
Et vous le chassez à présent ? Un si dévoué serviteur ?

ESTRAGON 
Fumier !

VLADIMIR 
Après en avoir profité vous le jetez comme un...comme une peau de banane. Avouez que...

POZZO 
Je n'en peux plus... plus supporter... ce qu'il fait... vous pouvez pas savoir... c'est affreux... faut qu'il s'en aille... je deviens fou...Je n'en peux plus... peux plus...