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SUJET : Céline, Voyage au bout de la nuit, Ce matin-là, j'ai rencontré Bébert sur le trottoir... | Commentaires composés | Céline | roman

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Commentaires composés | Céline | roman

Céline, Voyage au bout de la nuit, Ce matin-là, j'ai rencontré Bébert sur le trottoir...

 Ce matin-là, j'ai rencontré Bebert sur le trottoir, il gardait la loge de sa tante partie dehors aux commissions. Lui aussi soulevait un nuage de trottoir avec un balai, Bebert.
Quine ferait pas a poussière dans ces endroits-là, sur les sept heures, passerait pour un fameux cochon dans sa propre rue. Carpettes secouées, signe de propreté, ménage bien tenu. ça suffit. On peut puer de la gueule, onest tranquille après ça. Bébert avalait toute celle qu'il soulevait  de poussière et puis celle aussi qu'on lui envoyait des étages. Il arrivait cependant aux pavé squelques taches de soleil mais comme à l'intérieur d'une église, pâles et adoucies, mystiques.
Bébert m'avait vu venir. J'étais le medecin du coin, à l'endroit où l'autobus s'aarête. Teint trop verdâtre, pomme qui mûrira jamis Bébert. Il se grattait et de le voir, ça m'en donnait à moi aussi envie de ma gratter.
C'est que , des puces j'en avais, c'est vrai, moi aussi, attrapé pendant la nuit au -dessus des malades. Elles sautent dans votre pardessus volontiers parce que c'est l'endroit la plus chaud et le plus humide qui de présente.
On vous apprend tout ça à la faculté.
Bébert abandonna sa carpette pour me souhaiter le bonjour. De toutes les fenêtres on nous regardait parler ensemble.
Tant qu'il faut pour aimer quelque chose, on risque moins avec les enfants qu'avec les hommes, on a au moins l'excuse d'espérer qu'ils seront moins carnes que nous autres plus tard. On ne savait pas.
Sur sa face livide dansotait cet infini petit sourire d'affection pure que je n'ai jamais pu oublier. Une gaieté pour l'univers.
Peu d'êtres en ont encore un petit peu après les vingt ans passés de cette affection facile, celle des bêtes. Le monde n'est pas ce qu'on croyait! Voilà tout! Alors, on a changé de gueule! Et comment! Puisqu'on s'était trompé! Tout de la vache qu'on devient en moins de deux! Voilà ce qui nous reste sur la figure après vingt ans passés! Une erreur! Notre figure n'est qu'une erreur.
"Hé! qu'il me fait Bébert , Docteur! Pas qu'on en a ramassé un Place des Fêtes cette nuit? Qui avait la gorge coupée avec un rasoir? C'était-y vous qu'étiez de service? C'est -y vrai? 
- Non, c'était pas moi de service, Bébert, c'était pas moi, c'était le Docteur Frolichon...
-Tant pis, parce que ma tante elle a dit qu'elle aurait bien aimé que ça soye vous... Que vous lui auriez tout raconté ....
-Ce sera pour la prochaine fois, Bébert.
-C'est souvent hein, qu'on en tue des gens par ici? "a remarqué Bébert encore.
Je traversai sa poussière, mais la machine balayeuse municipale passait tout juste, vrombissante, à ce moment-là, et ce fut un grand typhon qui s'élança impétueux des ruisseaux et combla toute la rue par d'autres nuages encore,plus denses, poivrés. On ne se voyait plus. Bébert sautait de droite à gauche, éternuant et hurlant, réjoui. Sa tête cernée, ses cheveux poisseux , ses jambes de singe étique, tout cela dansait, convulsif, au bout du balai.