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SUJET : Musset, Les caprices de Mariannes, Acte I, Scène 1. | Commentaires composés | Musset | Théâtre

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Musset, Les caprices de Mariannes, Acte I, Scène 1.

 COELIO, rentrant. - Malheur à celui qui, au milieu de la jeunesse, s'abandonne à un amour sans espoir ! Malheur à celui qui se livre à une douce rêverie avant de savoir où sa chimère le mène et s'il peut être payé de retour ! Mollement couché dans une barque, il s'éloigne peu à peu de la rive, il aperçoit au loin des plaines enchantées, de vertes prairies et le mirage léger de son Eldorado. Les vents l'entraînent en silence et, quand la réalité le réveille, il est aussi loin du but où il aspire que du rivage qu'il a quitté ; il ne peut ni poursuivre sa route ni revenir sur ses pas.
(On entend un bruit d'instruments. Quelle est cette mascarade? N'est-ce pas Octave que j'aperçois ? (Entre Octave.)
OCTAVE. - Comment se porte, mon bon Monsieur, cette gracieuse mélancolie ?
COELIO. - Octave ! ô fou que tu es ! tu as un pied de rouge sur les joues !
- D'où te vient cet accoutrement ? N'as-tu pas de honte en plein jour ?
OCTAVE. - O Coelio ! fou que tu es ! tu as un pied de blanc sur les joues !
- D'où te vient ce large habit noir ? N'as-tu pas de honte en plein carnaval ?
COELIO. - Quelle vie que la tienne ! Ou tu es gris, ou je le suis moi-même.
OCTAVE. - Ou tu es amoureux, ou je le suis moi-même.
COELIO. - Plus que jamais de la belle Marianne.
OCTAVE. - Plus que jamais de vin de Chypre.
COELIO. - J'allais chez toi quand je t'ai rencontré.
OCTAVE. - Et moi aussi j'allais chez moi. Comment se porte ma maison ? il y a huit jours que je ne l'ai vue.
COELIO. - J'ai un service à te demander.
OCTAVE. - Parle, Coelio, mon cher enfant. Veux-tu de l'argent ? Je n'en ai plus. Veux-tu des conseils ? Je suis ivre. veux-tu mon épée ? voilà une batte d'arlequin. Parle, parle, dispose de moi.
COELIO. - Combien de temps cela durera-t-il ? Huit jours hors de chez toi ! Tu te tueras, Octave.
OCTAVE. - Jamais de ma propre main, mon ami, jamais; j'aimerais mieux mourir que d'attenter à mes jours.