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SUJET : Baudelaire, Les Fleurs du mal, « Le crépuscule du soir ». | Commentaires composés | Baudelaire | Poésie

Commentaires composés | Baudelaire | Poésie

Baudelaire, Les Fleurs du mal, « Le crépuscule du soir ».

  

1.      Voici le soir charmant, ami du criminel ;

2.      Il vient comme un complice, à pas de loup ; le ciel

3.      Se ferme lentement comme une grande alcôve,

4.      Et l'homme impatient se change en bête fauve.

 

5.      Ô soir, aimable soir, désiré par celui

6.      Dont les bras, sans mentir, peuvent dire : Aujourd'hui

7.      Nous avons travaillé ! - C'est le soir qui soulage

8.      Les esprits que dévore une douleur sauvage,

9.      Le savant obstiné dont le front s'alourdit,

10.  Et l'ouvrier courbé qui regagne son lit.

11.  Cependant des démons malsains dans l'atmosphère

12.  S'éveillent lourdement, comme des gens d'affaire,

13.  Et cognent en volant les volets et l'auvent.

14.  A travers les lueurs que tourmente le vent

15.  La Prostitution s'allume dans les rues ;

16.  Comme une fourmilière elle ouvre ses issues ;

17.  Partout elle se fraye un occulte chemin,

18.  Ainsi que l'ennemi qui tente un coup de main ;

19.  Elle remue au sein de la cité de fange

20.  Comme un ver qui dérobe à l'homme ce qu'il mange.

21.  On entend çà et là les cuisines siffler,

22.  Les théâtres glapir, les orchestres ronfler ;

23.  Les tables d'hôte, dont le jeu fait les délices,

24.  S'emplissent de catins et d'escrocs, leurs complices,

25.  Et les voleurs, qui n'ont ni trêve ni merci,

26.  Vont bientôt commencer leur travail, eux aussi,

27.  Et forcer doucement les portes et les caisses

28.  Pour vivre quelques jours et vêtir leurs maîtresses.

 

29.  Recueille-toi, mon âme, en ce grave moment,

30.  Et ferme ton oreille à ce rugissement.

31.  C'est l'heure où les douleurs des malades s'aigrissent !

32.  La sombre Nuit les prend à la gorge ; ils finissent

33.  Leur destinée et vont vers le gouffre commun ;

34.  L'hôpital se remplit de leurs soupirs. - Plus d'un

35.  Ne viendra plus chercher la soupe parfumée,

36.  Au coin du feu, le soir, auprès d'une âme aimée.

 

37.  Encore la plupart n'ont-ils jamais connu

38.  La douceur du foyer et n'ont jamais vécu.

 

Extrait du corrigé

Charles Baudelaire : poète né à Paris le 9 avril 1821 et mort le 31 août 1867.  Il est l’auteur des Fleurs du mal, des Petits poèmes en prose mais aussi d’autres œuvres comme ses Salons.

Baudelaire : poète très important dans la poésie française => est au carrefour de la « tradition » et de la modernité poétique. Héritage classique, romantique (temps qui passe, angoisse, importance du moi… + très nombreux alexandrins, le vers hugolien par excellence, etc.) + tendance des Parnassiens : la beauté, la perfection du texte. Poèmes réguliers et souvent à forme fixe. Cf. ses très nombreux sonnets et ses pantoums.

Poète controversé et violemment attaqué de son vivant, Charles Baudelaire devient le modèle de très nombreux poètes qui s’engageront dans la voie qu’il avait ouverte. Il est considéré comme « le vrai Dieu » par Rimbaud, « le plus important des poètes » par Valéry…

 

Les Fleurs du mal : recueil de Baudelaire, peu apprécié lors de sa parution mais dorénavant célèbre et très reconnu, divisé en six parties : « Spleen et idéal », « Tableaux parisiens », « Le Vin », « Fleurs du mal », « Révolte » et « La Mort ». Ces « fleurs maladives » sont dédiées au poète Théophile Gautier, sacré « parfait magicien ès lettres françaises » et « poète impeccable », selon les propres dires de Baudelaire.

En 1857, Auguste Poulet-Malassis publie le recueil mais il est poursuivi pour « offense à la morale religieuse » et « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs ». Baudelaire et son éditeur sont condamnés et six poèmes sont supprimés pour délit d’outrage à la morale publique.

 

« Le crépuscule du soir » :

38 alexandrins.

4 strophes : s’ouvre par un quatrain, se termine par un distique. + strophe de 23 vers et un huitain.