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SUJET : Dumas, La Femme au collier de velours - Cependant Hoffmann sentait que l'ivresse du vin ne lui suffisait pas... | Commentaires composés | Dumas | roman

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Commentaires composés | Dumas | roman

Dumas, La Femme au collier de velours - Cependant Hoffmann sentait que l'ivresse du vin ne lui suffisait pas...

 Cependant Hoffmann sentait que l'ivresse du vin ne lui suffisait pas. 
Il aperçut un piano. 
- Bon !... s'écria-t-il. 
Il avait compris la ressource que lui offrait l'ivresse de la musique. 
Il s'élança vers le piano. 
Puis sous ses doigts naquit tout naturellement l'air sur lequel Arsène dansait ce pas de trois dans l'opéra de Pâris, lorsqu'il l'avait vue pour la première fois. 
Seulement, il semblait à Hoffmann que les cordes du piano étaient d'acier. L'instrument à lui seul rendait un bruit pareil à celui de tout un orchestre. 
- Ah ? fit Hoffmann, à la bonne heure ! 
Il venait de trouver dans ce bruit l'enivrement qu'il cherchait ; de son côté, Arsène se leva aux premiers accords. 
Ces accords, comme un réseau de feu, avaient semblé envelopper toute sa personne. 
Elle rejeta loin d'elle le rideau de damas rouge, et, chose étrange, comme un changement magique s'opère au théâtre, sans que l'on sache par quel moyen, un changement s'était opéré en elle et au lieu de sa robe grise, au lieu de ses épaules veuves d'ornement, elle reparut avec le costume de Flore, tout ruisselant de fleurs, tout vaporeux de gaze, tout frissonnant de volupté. 
Hoffmann jeta un cri, puis, redoublant d'énergie, il sembla faire jaillir une vigueur infernale de cette poitrine du clavecin, toute résonnante sous ses fibres d'acier. 
Alors le même mirage revint troubler l'esprit d'Hoffmann. Cette femme bondissante, qui s'était animée par degrés, opérait sur lui avec une attraction irrésistible. Elle avait pris pour théâtre tout l'espace qui séparait le piano de l'alcôve, et, sur le fond rouge du rideau, elle se détachait comme une apparition de l'enfer. Chaque fois qu'elle revenait du fond vers Hoffmann, Hoffmann se soulevait sur sa chaise : chaque fois qu'elle s'éloignait vers le fond, Hoffmann se sentait entraîné, sur ses pas. Enfin, sans qu'Hoffmann comprît comment la chose se faisait, le mouvement changea sous ses doigts : ce ne fut plus l'air qu'il avait entendu qu'il joua, ce fut une valse : cette valse, c'était le Désir de Beethoven ; elle était venue, comme une expression de sa pensée, se placer sous ses doigts. De son côté, Arsène avait changé de mesure ; elle tourna sur elle-même d'abord, puis peu à peu élargissant le rond qu'elle traçait, elle se rapprocha d'Hoffmann. Hoffmann haletant la sentait venir, la sentait se rapprocher, il comprenait qu'au dernier cercle elle allait le toucher, et qu'alors force lui serait de se lever à son tour, et de prendre part à cette valse brûlante. C'était à la fois chez lui du désir et de l'effroi. Enfin Arsène, en passant, étendit la main, et du bout des doigts l'effleura. Hoffmann poussa un cri, bondit comme si l'étincelle électrique l'eût touché, s'élança sur la trace de la danseuse, la joignit, l'enlaça dans ses bras, continuant dans sa pensée l'air interrompu en réalité, pressant contre son coeur ce corps qui avait repris son élasticité, aspirant les regards de ses yeux, le souffle de sa bouche, dévorant de ses aspirations à lui ce cou, ces épaules, ces bras ; tournant non plus dans un air respirable, mais dans une atmosphère de flamme qui, pénétrant jusqu'au fond de la poitrine des deux valseurs, finit par les jeter, haletants et dans l'évanouissement du délire, sur le lit qui les attendait. 
Quand Hoffmann se réveilla le lendemain, un de ces jours blafards des hivers de Paris venait de se lever, et pénétrait jusqu'au lit par le rideau arraché de la fenêtre. Il regarda autour de lui, ignorant où il était, et sentit qu'une masse inerte pesait à son bras gauche. Il se pencha du côté où l'engourdissement gagnait son coeur, et reconnut, couchée près de lui, non plus la belle danseuse de l'Opéra, mais la pâle jeune fille de la place de la Révolution.