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SUJET : Musset, On ne badine pas avec l'amour, acte II, scène V. CAMILLE Je veux aimer, mais je ne veux pas souffrir... | Commentaires composés | Musset | Théâtre

Commentaires composés | Musset | Théâtre

Musset, On ne badine pas avec l'amour, acte II, scène V. CAMILLE Je veux aimer, mais je ne veux pas souffrir...

 CAMILLE

Je veux aimer, mais je ne veux pas souffrir ; je veux aimer d'un amour éternel, et faire des serments qui ne se violent pas. Voilà mon amant.

Elle montre son crucifix.

 

PERDICAN

Cet amant-là n'exclut pas les autres.

 

CAMILLE

Pour moi, du moins, il les exclura. Ne souriez pas, Perdican ! Il y a dix ans que je ne vous ai vu, et je pars demain. Dans dix autres années, si nous nous revoyons, nous en reparlerons. J'ai voulu ne pas rester dans votre souvenir comme une froide statue ; car l'insensibilité mène au point où j'en suis. Écoutez-moi ; retournez à la vie, et tant que vous serez heureux, tant que vous aimerez comme on peut aimer sur la terre, oubliez votre soeur Camille ; mais s'il vous arrive jamais d'être oublié ou d'oublier vous-même, si l'ange de l'espérance vous abandonne, lorsque vous serez seul avec le vide dans le coeur, pensez à moi qui prierai pour vous.

 

PERDICAN

Tu es une orgueilleuse ; prends garde à toi.

 

CAMILLE

Pourquoi ?

 

PERDICAN

Tu as dix-huit ans, et tu ne crois pas à l'amour ?

CAMILLE

Y croyez-vous, vous qui parlez ? Vous voilà courbé près de moi avec des genoux qui se sont usés sur les tapis de vos maîtresses, et vous n'en savez plus le nom. Vous avez pleuré des larmes de joie et des larmes de désespoir ; mais vous saviez que l'eau des sources est plus constante que vos larmes, et qu'elle serait toujours là pour laver vos paupières gonflées. Vous faites votre métier de jeune homme, et vous souriez quand on vous parle de femmes désolées ; vous ne croyez pas qu'on puisse mourir d'amour, vous qui vivez et qui avez aimé. Qu'est-ce donc que le monde ? Il me semble que vous devez cordialement mépriser les femmes qui vous prennent tel que vous êtes, et qui chassent leur dernier amant pour vous attirer dans leurs bras avec les baisers d'une autre sur les lèvres. Je vous demandais tout à l'heure si vous aviez aimé ; vous m'avez répondu comme un voyageur à qui l'on demanderait s'il a été en Italie ou en Allemagne, et qui dirait : Oui, j'y ai été ; puis qui penserait à aller en Suisse, ou dans le premier pays venu. Est-ce donc une monnaie que votre amour, pour qu'il puisse passer ainsi de mains en mains jusqu'à la mort ? Non, ce n'est pas même une monnaie ; car la plus mince pièce d'or vaut mieux que vous, et dans quelques mains qu'elle passe elle garde son effigie.

 

PERDICAN

Que tu es belle, Camille, lorsque tes yeux s'animent !

 

Extrait du corrigé :

On ne badine pas avec l'amour : pièce de théâtre d’Alfred de Musset, publiée en 1834 dans La Revue des Deux Mondes et représentée le 18 novembre 1861 à la Comédie-Française.

Pièce en trois actes qui s'apparente au drame romantique. Cf. son titre > appartient au genre du proverbe dramatique, qui tient son origine des salons précieux.

 

Camille et Perdican sont promis l’un à l’autre par le Baron. Ils se retrouvent après dix ans de séparation. Tous deux épris l’un de l’autre, par orgueil, ils se cachent leurs sentiments et Camille a décidé d’entrer au couvent.  

 

 I-  L’amour absolu selon Camille 

Dans cet extrait, la parole est monopolisée par Camille. Argumente beaucoup.

     A-   Camille et l’amour

• Montrer que le thème de ce passage est l’amour.

Le verbe « aimer » est répété 6 fois : « aimer ; aimer ; aimer ; aimerez ; aimé ; aimé ».

Le substantif « amour » est répété 4 fois.

• Anaphore de « je veux » répétée trois fois > personnage qui a du tempérament.