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SUJET : Blaise Cendrars, L'Or, Ces paisibles campagnards bâlois furent tout à coup mis en émoi… | Commentaires composés | Cendrars | roman

Commentaires composés | Cendrars | roman

Blaise Cendrars, L'Or, Ces paisibles campagnards bâlois furent tout à coup mis en émoi…

  Ces paisibles campagnards bâlois furent tout à coup mis en émoi par l’arrivée d’un étranger. Même en plein jour, un étranger est quelque chose de rare dans ce petit village de Rünenberg ; mais que dire d’un étranger qui s’amène à une heure indue, le soir, si tard, juste avant le coucher du soleil ? Le chien noir resta la patte en l’air et les vieilles femmes laissèrent choir leur ouvrage. L’étranger venait de déboucher par la route de Soleure. Les enfants s’étaient d’abord portés à sa rencontre, puis s’étaient arrêtés, indécis. Quant au groupe des buveurs, « Au Sauvage », ils avaient cessé de boire et observaient l’étranger en dessous. Celui-ci s’était arrêté à la première maison du pays et avait demandé qu’on veuille bien lui indiquer l’habitation du syndic de la commune. Le vieux Buser, à qui il s’adressait, lui tourna le dos et, tirant son petit-fils Hans par l’oreille, lui dit de conduire l’étranger chez le syndic. Puis il se remit à bourrer sa pipe, tout en suivant du coin de l’œil l’étranger qui s’éloignait à longues enjambées derrière l’enfant trottinant.

              On vit l’étranger pénétrer chez le syndic.

              Les villageois avaient eu le temps de le détailler au passage. C’était un homme grand, maigre, au visage prématurément vieilli. D’étranges cheveux d’un jaune filasse sortaient de dessous un chapeau à boucle d’argent. Ses souliers étaient cloutés. Il avait une grosse épine à la main.

              Et les commentaires d’aller bon train. « Ces étrangers, ils ne saluent personne », disait Buhri, l’aubergiste, les deux mains croisées sur son énorme bedaine. « Moi, je vous dis qu’il vient de la ville », disait le vieux Siebenhaar qui autrefois avait été soldat en France ; et il se mit à conter une fois de plus les choses curieuses et les gens extravagants qu’il avait vus chez les Welches. Les jeunes filles avaient surtout remarqué la coupe raide de la redingote et le faux col à hautes pointes qui sciait le bas de ses oreilles ; elles potinaient à voix basse, rougissantes, émues. Les gars, eux, faisaient un groupe menaçant auprès de la fontaine ; ils attendaient les événements, prêts à intervenir.

              Bientôt, on vit l’étranger réapparaître sur le seuil. Il semblait très las et avait son chapeau à la main. Il s’épongea le front avec un de ces grands foulards jaunes que l’on tisse en Alsace. Du coup, le bambin qui l’attendait sur le perron, se leva, raide. L’étranger lui tapota les joues, puis il lui donna un thaler, foula de longues enjambées la place du village, cracha dans la fontaine en passant. Tout le village le contemplait maintenait. Les buveurs étaient debout. Mais l’étranger ne leur jeta même pas un regard, il regrimpa dans la carriole qui l’avait amené et disparut bientôt en prenant la route plantée de sorbiers qui mène au chef-lieu de canton.

 

****

 

Blaise Cendrars, pseudonyme de Frédéric-Louis Sauser (1887-1961) : écrivain d'origine suisse, naturalisé français en 1916, dont l’œuvre est placée sous le signe du voyage et de l'aventure.

Il participa à la Première Guerre mondiale au sein de l'armée française comme volontaire étranger. En 1915, il perdit au combat sa main droite, sa main d'écrivain, amputée au-dessus du coude. Cette blessure marqua profondément l'œuvre de Cendrars.

 

L'Or. La merveilleuse histoire du général Johann August Suter (1925) :

- Premier roman de Cendrars, connu jusqu'alors pour ses poèmes et ses collaborations avec les peintres dans les milieux d'avant-garde.

              => Roman dans lequel le narrateur évoque la mythique ruée vers l'or, en racontant l'histoire de Johan Suter.

- Biographie imaginaire du général Suter, un aventurier d'origine suisse, qui fit fortune en Californie grâce à l'agriculture dans la première moitié du XIXe siècle mais qui fut ruiné par la découverte d'or sur son territoire, en 1848 et la grande ruée qui s'en suivit.

 

Incipit : ce sont les premières lignes d’un roman, les premières pages.  

Quelles informations apporte cet incipit ? Pourquoi parle-t-on d’un destin tragique concernant Johann Auguste Suter ?

 

I- L’arrivée d’un étranger

            A- Un endroit reculé