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SUJET : Flaubert, Madame Bovary, III, chapitre 6 | Commentaires composés | Flaubert | roman

Commentaires composés | Flaubert | roman

Flaubert, Madame Bovary, III, chapitre 6

Flaubert, Madame Bovary, III, chapitre 6 – Léon enfin avait juré de ne plus revoir Emma…

 

Léon enfin avait juré de ne plus revoir Emma ; et il se reprochait de n’avoir pas tenu sa parole, considérant tout ce que cette femme pourrait encore lui attirer d’embarras et de discours, sans compter les plaisanteries de ses camarades, qui se débitaient le matin, autour du poêle. D’ailleurs, il allait devenir premier clerc : c’était le moment d’être sérieux. Aussi renonçait-il à la flûte, aux sentiments exaltés, à l’imagination, — car tout bourgeois, dans l’échauffement de sa jeunesse, ne fût-ce qu’un jour, une minute, s’est cru capable d’immenses passions, de hautes entreprises. Le plus médiocre libertin a rêvé des sultanes ; chaque notaire porte en soi les débris d’un poète.

Il s’ennuyait maintenant lorsque Emma, tout à coup, sanglotait sur sa poitrine ; et son cœur, comme les gens qui ne peuvent endurer qu’une certaine dose de musique, s’assoupissait d’indifférence au vacarme d’un amour dont il ne distinguait plus les délicatesses.

Ils se connaissaient trop pour avoir ces ébahissements de la possession qui en centuplent la joie. Elle était aussi dégoûtée de lui qu’il était fatigué d’elle. Emma retrouvait dans l’adultère toutes les platitudes du mariage.

Mais comment pouvoir s’en débarrasser ? Puis, elle avait beau se sentir humiliée de la bassesse d’un tel bonheur, elle y tenait par habitude ou par corruption ; et, chaque jour, elle s’y acharnait davantage, tarissant toute félicité à la vouloir trop grande. Elle accusait Léon de ses espoirs déçus, comme s’il l’avait trahie ; et même elle souhaitait une catastrophe qui amenât leur séparation, puisqu’elle n’avait pas le courage de s’y décider.

Elle n’en continuait pas moins à lui écrire des lettres amoureuses, en vertu de cette idée, qu’une femme doit toujours écrire à son amant.

Mais, en écrivant, elle percevait un autre homme, un fantôme fait de ses plus ardents souvenirs, de ses lectures les plus belles, de ses convoitises les plus fortes ; et il devenait à la fin si véritable, et accessible, qu’elle en palpitait émerveillée, sans pouvoir néanmoins le nettement imaginer, tant il se perdait, comme un dieu, sous l’abondance de ses attributs. Il habitait la contrée bleuâtre où les échelles de soie se balancent à des balcons, sous le souffle des fleurs, dans la clarté de la lune. Elle le sentait près d’elle, il allait venir et l’enlèverait tout entière dans un baiser. Ensuite elle retombait à plat, brisée ; car ces élans d’amour vague la fatiguaient plus que de grandes débauches.

Elle éprouvait maintenant une courbature incessante et universelle. Souvent même, Emma recevait des assignations, du papier timbré qu’elle regardait à peine. Elle aurait voulu ne plus vivre, ou continuellement dormir.

 

 

Extrait du corrigé :  

 

Gustave Flaubert : écrivain, né à Rouen le 12 décembre 1821 et mort à Canteleu, au hameau de Croisset, le 8 mai 1880.

Romancier qui a marqué la littérature française, notamment par la profondeur de ses analyses psychologiques, son souci de réalisme, son regard lucide sur les comportements des individus et de la société, et par la force de son style à travers de grands romans comme Madame Bovary ou l'Éducation sentimentale.

 

Madame Bovary : roman paru en 1857, dont le titre original était Madame Bovary, mœurs de province. Œuvre qui fit scandale et qui, la même année que Les Fleurs du Mal, fut portée devant la justice pour « outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs ». Mais, à la différence du recueil de Baudelaire, le roman de Flaubert fut acquitté.

Œuvre « réaliste » qui raconte la destinée d’Emma, fille de Rouault, un riche fermier et épouse de l’officier Charles Bovary.

 

 

            Extrait étudié : troisième partie – chapitre 6.

Emma a un deuxième amant, Léon, clerc du notaire Guillaumin, pensionnaire du Lion d’Or. Alors qu’ils se sont aimés avant, maintenant qu’ils sont amants, les sentiments romantiques qui les unissaient se sont détériorés.

 

 

I- L’évolution d’une relation

            A- Léon, en quête de respectabilité

• Montrez que Léon a évolué.

Cf. « Léon enfin avait juré de ne plus revoir Emma » > ce constat s’oppose aux moments antérieurs pendant lesquels le jeune homme aimait Emma, rêvait d’elle…

Cf. « cette femme » > déterminant démonstratif qui prend ici une valeur plutôt péjorative.

Encore une fois, on est loin du temps où le jeune clerc de notaire idéalisait Emma…

• Léon s’embourgeoise. Il a décidé de devenir « sérieux ».

Cf. « il allait devenir premier clerc » ; «être sérieux » ; « bourgeois » : promotion sociale. Respectabilité du jeune homme.

Ex : « Aussi renonçait-il à la flûte, aux sentiments exaltés, à l’imagination »

« aussi » > conséquence. Embourgeoisement => renonciation au romantisme.

=> Emma est devenue une gêne plus qu’autre chose.