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SUJET : Balzac, Le Père Goriot - Ses illusions d'enfance, ses idées de province avaient disparu. | Commentaires composés | Balzac | roman

Commentaires composés | Balzac | roman

Balzac, Le Père Goriot - Ses illusions d'enfance, ses idées de province avaient disparu.

Balzac, Le Père Goriot - Ses illusions d'enfance, ses idées de province avaient disparu

 

Ses illusions d'enfance, ses idées de province avaient disparu. Son intelligence modifiée, son ambition exaltée, lui firent voir juste au milieu du manoir paternel, au sein de la famille. Son père, sa mère, ses deux frères, ses deux sœurs, et une tante dont la fortune consistait en pensions, vivaient sur la petite terre de Rastignac. Ce domaine, d'un revenu d'environ trois mille francs, était soumis à l'incertitude qui régit le produit tout industriel de la vigne, et néanmoins il fallait en extraire chaque année douze cents francs pour lui. L'aspect de cette constante détresse qui lui était généreusement cachée, la comparaison qu'il fut forcé d'établir entre ses sœurs, qui lui semblaient si belles dans son enfance, et les femmes de Paris, qui lui avaient réalisé le type d'une beauté rêvée, l'avenir incertain de cette nombreuse famille qui reposait sur lui, la parcimonieuse attention avec laquelle il vit serrer les plus minces productions, la boisson faite pour sa famille avec les marcs du pressoir, enfin une foule de circonstances inutiles à consigner ici décuplèrent son désir de parvenir et lui donnèrent soif de distinctions. Comme il arrive aux âmes grandes, il voulut ne rien devoir qu'à son mérite. Mais son esprit était éminemment méridional; à l'exécution, ses déterminations devaient donc être frappées de ces hésitations qui saisissent les jeunes gens quand ils se trouvent en pleine mer, sans savoir ni de quel côté diriger leurs forces, ni sous quel angle enfler leurs voiles. Si d'abord il voulut se jeter à corps perdu dans le travail, séduit bientôt par la nécessité de se créer des relations, il remarqua combien les femmes ont d'influence sur la vie sociale, et avisa soudain à se lancer dans le monde, afin d'y conquérir des protectrices : devaient-elles manquer à un jeune homme ardent et spirituel, dont l'esprit et l'ardeur étaient rehaussés par une tournure élégante et par une sorte de beauté nerveuse à laquelle les femmes se laissent prendre volontiers? Ces idées l'assaillirent au milieu des champs, pendant les promenades que jadis il faisait gaiement avec ses sœurs, qui le trouvèrent bien changé. Sa tante, madame de Marcillac, autrefois présentée à la cour, y avait connu les sommités aristocratiques. Tout à coup le jeune ambitieux reconnut, dans les souvenirs dont sa tante l'avait si souvent bercé, les éléments de plusieurs conquêtes sociales, au moins aussi importantes que celles qu'il entreprenait à l'École de droit; il la questionna sur les liens de parenté qui pouvaient encore se renouer. Après avoir secoué les branches de l'arbre généalogique, la vieille dame estima que, de toutes les personnes qui pouvaient servir son neveu parmi la gent égoïste des parents riches, madame le vicomtesse de Beauséant serait la moins récalcitrante. Elle écrivit à cette jeune femme une lettre de l'ancien style, et la remit à Eugène, en lui disant que, s'il réussissait auprès de la vicomtesse, elle lui ferait retrouver ses autres parents. Quelques jours après son arrivée, Rastignac envoya la lettre de sa tante à madame de Beauséant. La vicomtesse répondit par une invitation de bal pour le lendemain.

Extrait du corrigé :  

 

Balzac : grand romancier du XIXe siècle, romancier réaliste. Auteur d’un immense projet, la Comédie humaine, cycle cohérent de plusieurs dizaines de romans, nouvelles, contes philosophiques, à travers laquelle il voulait  décrire de façon quasi-exhaustive la société française de son temps et faire concurrence « concurrence à l'état-civil ».

 

Le Père Goriot : roman célèbre de 1834 où l’on rencontre des personnages que l’on retrouvera dans d’autres romans, et notamment le jeune Eugène de Rastignac.

Roman qui comporte 3 intrigues :

- Le parcours aventureux de Rastignac, jeune ambitieux à Paris,

- Le triste destin d’un père de famille, Goriot,  qui s’est ruiné pour ses filles,

- Les intrigues du mystérieux Vautrin.

 

Extrait étudié :

Partie I du roman « Une pension bourgeoise ».

Extrait centré sur les évolutions d’Eugène de Rastignac.

NB : Le Père Goriot est un roman d’apprentissage > on voit le jeune Rastignac grandir, évoluer.

 

I- L’évolution du jeune Rastignac

            A- Un jeune provincial policé

• Montrez que le jeune noble provincial, Eugène de Rastignac a évolué.

Ex : « Ses illusions d'enfance, ses idées de province avaient disparu. » :

- Rastignac a grandi, son esprit s’est éveillé au contact de la capitale.

- « idées de provinces » > péjoratif. Cela renvoie à la fameuse opposition province / Paris.

Ex : « Son intelligence modifiée, son ambition exaltée » :

- parallélisme.

- Il voit autrement les choses => ce qui renforce son ambition (cf. la fin du roman où l’on verra Eugène s’écrier « À nous deux maintenant ! », en parlant de Paris).

Ex : « ses sœurs, qui le trouvèrent bien changé » : ses proches notent une évolution du personnage.