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SUJET : Shakespeare, Macbeth, acte I, scène 7. | Commentaires composés | Shakespeare

Commentaires composés | Shakespeare

Shakespeare, Macbeth, acte I, scène 7.
MACBETH. - Eh bien ! quoi de nouveau ?

 Entre Lady Macbeth.

 

MACBETH. - Eh bien ! quoi de nouveau ?

LADY MACBETH. - Il (1) a presque soupé... Pourquoi avez-vous quitté la salle ?

MACBETH. - M’a-t-il demandé ?

LADY MACBETH. - Ne le savez-vous pas ?

MACBETH. - Nous n’irons pas plus loin dans cette affaire. Il vient de m’honorer ; et j’ai acheté de toutes les classes du peuple une réputation dorée qu’il convient de porter maintenant dans l’éclat de sa fraîcheur, et non de jeter sitôt de côté.

LADY MACBETH. — Était-elle donc ivre, l’espérance dans laquelle vous vous drapiez ? s’est-elle endormie depuis ? et ne fait-elle que se réveiller pour verdir et  pâlir ainsi devant ce qu’elle contemplait si volontiers ? Désormais je ferai le même cas de ton amour. As-tu peur d’être dans tes actes et dans ta résolution le même que dans ton désir ? Voudrais-tu avoir ce que tu estimes être l’ornement de la vie, et vivre couard (2) dans ta propre estime, laissant un je n’ose pas suivre un je voudrais, comme le pauvre chat de l’adage (3) ?

MACBETH. — Paix je te prie. J’ose tout ce qui sied (4) à un homme : qui ose au-delà n’en est plus un.

LADY MACBETH. — Quelle est donc la bête qui vous a poussé à me révéler cette affaire ? Quand vous l’avez osé, vous étiez un homme; maintenant, soyez plus que vous n’étiez, vous n’en serez que plus homme. Ni l’occasion, ni le lieu ne s'offraient alors, et vous vouliez pourtant les créer tous deux. Ils se sont créés d’eux-mêmes, et voilà que leur concours vous anéantit. J’ai allaité, et je sais combien j’aime tendrement le petit qui me tète : eh bien ! au moment où il souriait à ma face, j’aurais arraché le bout de mon sein de ses gencives sans os, et lui aurais fait jaillir la cervelle, si je l'avais juré comme vous avez juré ceci.

MACBETH. — Si nous allions échouer ?

LADY MACBETH. — Nous, échouer ! Chevillez seulement votre courage au point résistant, et nous n’échouerons pas. Lorsque Duncan sera endormi (et le rude voyage d’aujourd’hui va l’inviter bien vite à un somme profond), j’aurai raison de ses deux chambellan (5) avec du vin et de l’ale (6), à ce point que la mémoire, gardienne de leur cervelle, ne sera que fumée, et le récipient de leur raison qu’un alambic (7). Quand le sommeil du porc tiendra gisant, comme une mort, leur être submergé, que ne pourrons-nous, vous et moi, exécuter sur Duncan sans défense ? Que ne pourrons- nous imputer à ses officiers, placés là, comme des éponges pour absorber le crime de ce grand meurtre ?

MACBETH. — Ne mets au monde que des enfants mâles ! car ta nature intrépide ne doit former que des hommes... Ne sera-t-il pas admis par tous, quand nous aurons marqué de sang ses deux chambellans endormis et employé leurs propres poignards, que ce sont eux qui ont fait la chose ?

LADY MACBETH. — Qui osera admettre le contraire, quand nous ferons rugir notre douleur et nos lamentations sur sa mort ?

MACBETH. — Me voilà résolu je vais tendre tous les ressorts de mon être vers cet acte terrible. Allons et jouons (8) notre monde, par la plus sereine apparence. Un visage faux doit cacher ce que sait un cœur faux.

 (Ils sortent.)

 

(1) : il s agit du roi Duncan.

(2) : couard = qui manque de courage.

(3) : adage = proverbe.

(4) : sied du verbe seoir convient.

(5) : chambellan = officier chargé de tout ce qui concerne le service intérieur de la chambre d’un souverain.

(6) : ale = bière anglaise légère.

(7) : alambic signifie ici que le contenu de la raison se sera évaporé.

(8) : jouer = se jouer de, tromper.

 

Extrait du corrigé :

 Lady Macbeth est considérée par beaucoup comme l'un des rôles les plus difficiles pour une femme dans le théâtre occidental. Elle devient folle en raison de sa participation au meurtre du roi, et meurt hors de scène à l'acte final.

 

L'œuvre débute sur la fin d'une bataille qui oppose la Norvège à l'Écosse, au cours de laquelle Macbeth, cousin et fidèle chef des armées de Duncan, roi d'Écosse, s'illustre par son courage, sa persévérance et sa loyauté, menant son armée à la victoire. Sur le chemin du retour, Macbeth, le duc de Glamis, rencontre trois sorcières qui l'accueillent en lui donnant trois titres différents : le duc de Glamis, le duc de Cawdor, et le futur roi. Puis, sans donner plus d'explications, elles disparaissent.

Le général Macbeth se laisse persuader par cette prophétie ambiguë lui annonçant qu’il deviendra roi. Son épouse, lady Macbeth, plus ambitieuse et moins retenue par de nobles scrupules le pousse à tuer le roi Duncan pour s’emparer du trône et l’y remplacer. Pris par le doute, alors qu’il doit justement recevoir Duncan chez lui, Macbeth remet en cause son projet.

 

I- Deux tempéraments différents 

A- Macbeth ou la prudence

• Macbeth se montre prudent.

Cf. les deux questions qu’il pose au tout début de la scène > cherche à savoir où la situation en est.

Cf. « Nous n’irons pas plus loin dans cette affaire ».

• A des doutes et des scrupules. Cf. « Il vient de m’honorer ».

• Champ lexical des honneurs. Cf. « honorer » ; « réputation dorée » ; « éclat » > Macbeth se montre prudent, préfère attendre et ne pas tout gâcher dans la précipitation. Cf. « et non de jeter sitôt de côté ».

• Tente d’apaiser sa femme en colère.