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SUJET : Camus, L’Étranger - Moi j’écoutais et j’entendais qu’on me jugeait intelligent... | Commentaires composés | Camus | roman

Commentaires composés | Camus | roman

Camus, L’Étranger - Moi j’écoutais et j’entendais qu’on me jugeait intelligent...

  Camus, L’Étranger - Moi j’écoutais et j’entendais qu’on me jugeait intelligent…

 

            Moi j’écoutais et j’entendais qu’on me jugeait intelligent. Mais je ne comprenais pas bien comment les qualités d’un homme ordinaire pouvaient devenir des charges écrasantes contre un coupable. Du moins, c’était cela qui me frappait et je n’ai plus écouté le procureur jusqu’au moment où je l’ai entendu dire : « A-t-il seulement exprimé des regrets ? Jamais, Messieurs. Pas une seule fois au cours de l’instruction cet homme n’a paru ému de son abominable forfait. » À ce moment, il s’est tourné vers moi et m’a désigné du doigt en continuant à m’accabler sans qu’en réalité je comprenne bien pourquoi. Sans doute, je ne pouvais pas m’empêcher de reconnaître qu’il avait raison. Je ne regrettais pas beaucoup mon acte. Mais tant d’acharnement m’étonnait. J’aurais voulu essayer de lui expliquer cordialement, presque avec affection, que je n’avais jamais pu regretter vraiment quelque chose. J’étais toujours pris par ce qui allait arriver, par aujourd’hui ou par demain. Mais naturellement, dans l’état où l’on m’avait mis, je ne pouvais parler à personne sur ce ton. Je n’avais pas le droit de me montrer affectueux, d’avoir de la bonne volonté. Et j’ai essayé d’écouter encore parce que le procureur s’est mis à parler de mon âme.

            Il disait qu’il s’était penché sur elle et qu’il n’avait rien trouvé, Messieurs les jurés. Il disait qu’à la vérité, je n’en avais point, d’âme, et que rien d’humain, et pas un des principes moraux qui gardent le cœur des hommes ne m’était accessible. « Sans doute, ajoutait-il, nous ne saurions le lui reprocher. Ce qu’il ne saurait acquérir, nous ne pouvons-nous plaindre qu’il en manqué. Mais quand il s’agit de cette cour, la vertu toute négative de la tolérance doit se muer en celle, moins facile, mais plus élevée, de la justice. Surtout lorsque le vide du cœur tel qu’on le découvre chez cet homme devient un gouffre où la société peut succomber. » C’est alors qu’il a parlé de mon attitude envers maman. Il a répété ce qu’il avait dit pendant les débats. Mais il a été beaucoup plus long que lorsqu’il parlait de mon crime, si long même que, finalement, je n’ai plus senti que la chaleur de cette matinée.

 

 Extrait du corrigé 

Albert Camus : écrivain, dramaturge et philosophe né le 7 novembre 1913 en Algérie et mort le 4 janvier 1960 dans l'Yonne. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1957.

 

L’Étranger :

- Roman paru en 1942 et appartenant au « cycle de l'absurde », trilogie composée d’un roman (L’Étranger), d’un essai (Le Mythe de Sisyphe) et d’une pièce de théâtre (Caligula) décrivant les fondements de la philosophie camusienne : l’absurde.

NB : Camus a écrit « Si tu veux être philosophe, écris des romans ».

- Roman qui a pour personnage principal (qui ne peut pas vraiment recevoir le qualificatif de « héros ») Meursault, un être mystérieux, qui ne se conforme pas aux canons de la morale sociale, semblant étranger au monde et à lui-même.

 

=> L’extrait se situe après le meurtre de l’arabe, pendant le procès.

Nous montrerons en quoi ce passage illustre bien le titre du roman, en quoi Meursault est étrange ou un étranger.

 

 

I- Meursault pendant son procès

            A- Pensées d’un personnage

• La scène se passe dans un tribunal, pendant le procès de Meursault.

Cf. « procureur » ; « instruction » ; « les jurés »…

• Montrez que l’on suit le cheminement de la pensée de Mersault.

- Cf. connecteurs logiques. « Mais » ; « Du moins » ; « Mais » ; « Et… »

• Importance des verbes relevant de l’ouïe > il est à son procès et écoute ce qui est dit de lui.

Cf. « écoutais » ; « entendait » ; « écouté » ; « entendu »…

• « Mais je ne comprenais pas bien » : on sent que Meursault tente de comprendre. Cheminement intellectuel et questionnement.

• Vous soulignerez que Meursault utilise beaucoup d’adverbes : tente de préciser sa pensée.

 

            B- Un étrange personnage