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SUJET : Balzac, Le Lys dans la vallée - Mes yeux furent tout à coup frappés par de blanches épaules... | Commentaires composés | Balzac | roman

Commentaires composés | Balzac | roman

Balzac, Le Lys dans la vallée - Mes yeux furent tout à coup frappés par de blanches épaules...

Balzac, Le Lys dans la vallée - Mes yeux furent tout à coup frappés par de blanches épaules...

 

Puis tout à coup je rencontrai la femme qui devait aiguillonner sans cesse mes ambitieux désirs, et les combler en me jetant au cœur de la Royauté. Trop timide pour inviter une danseuse, et craignant d'ailleurs de brouiller les figures, je devins naturellement très grimaud et ne sachant que faire de ma personne. Au moment où je souffrais du malaise causé par le piétinement auquel nous oblige une foule, un officier marcha sur mes pieds gonflés autant par la compression du cuir que par la chaleur. Ce dernier ennui me dégoûta de la fête. Il était impossible de sortir, je me réfugiai dans un coin au bout d'une banquette abandonnée, où je restai les yeux fixes, immobile et boudeur. Trompée par ma chétive apparence, une femme me prit pour un enfant prêt à s'endormir en attendant le bon plaisir de sa mère, et se posa près de moi par un mouvement d'oiseau qui s'abat sur son nid. Aussitôt je sentis un parfum de femme qui brilla dans mon âme comme y brilla depuis la poésie orientale. Je regardai ma voisine, et fus plus ébloui par elle que je ne l'avais été par la fête; elle devint toute ma fête. Si vous avez bien compris ma vie antérieure, vous devinerez les sentiments qui sourdirent en mon cœur.

Mes yeux furent tout à coup frappés par de blanches épaules rebondies sur lesquelles j'aurais voulu pouvoir me rouler, des épaules légèrement rosées qui semblaient rougir comme si elles se trouvaient nues pour la première fois, de pudiques épaules qui avaient une âme, et dont la peau satinée éclatait à la lumière comme un tissu de soie. Ces épaules étaient partagées par une raie, le long de laquelle coula mon regard, plus hardi que ma main. Je me haussai tout palpitant pour voir le corsage et fus complètement fasciné par une gorge chastement couverte d'une gaze, mais dont les globes azurés et d'une rondeur parfaite étaient douillettement couchés dans des flots de dentelle. Les plus légers détails de cette tête furent des amorces qui réveillèrent en moi des jouissances infinies: le brillant des cheveux lissés au-dessus d'un cou velouté comme celui d'une petite fille, les lignes blanches que le peigne y avait dessinées et où mon imagination courut comme en de frais sentiers, tout me fit perdre l'esprit. Après m'être assuré que personne ne me voyait, je me plongeai dans ce dos comme un enfant qui se jette dans le sein de sa mère, et je baisai toutes ces épaules en y roulant ma tête. Cette femme poussa un cri perçant, que la musique empêcha d'entendre; elle se retourna, me vit et me dit: "Monsieur?" Ah! si elle avait dit: "Mon petit bonhomme, qu'est-ce qui vous prend donc?" je l'aurais tuée peut-être mais à ce monsieur! des larmes chaudes jaillirent de mes yeux. Je fus pétrifié par un regard animé d'une sainte colère, par une tête sublime couronnée d'un diadème de cheveux cendrés, en harmonie avec ce dos d'amour. Le pourpre de la pudeur offensée étincela sur son visage que désarmait déjà le pardon de la femme qui comprend une frénésie quand elle en est le principe, et devine des adorations infinies dans les larmes du repentir. Elle s'en alla par un mouvement de reine. Je sentis alors le ridicule de ma position; alors seulement je compris que j'étais fagoté comme le singe d'un Savoyard. J'eus honte de moi. Je restai tout hébété, savourant la pomme que je venais de voler, gardant sur mes lèvres la chaleur de ce sang que j'avais aspiré, ne me repentant de rien, et suivant du regard cette femme descendue des cieux. Saisi par le premier accès charnel de la grande fièvre du cœur, j'errai dans le bal devenu désert, sans pouvoir y retrouver mon inconnue. Je revins me coucher métamorphosé.

 

 Extrait du corrigé :

 

Honoré de Balzac (1799-1850) : romancier, critique littéraire, essayiste, journaliste et écrivain.

Auteur de la Comédie Humaine, cycle cohérent de plusieurs dizaines de romans, nouvelles, contes philosophiques a pour ambition de décrire de façon quasi-exhaustive la société française de son temps ou, selon la formule célèbre, de faire « concurrence à l'état-civil ».

 

 

Le Lys dans la vallée : roman de 1836, appartenant au cycle des Études de mœurs de La Comédie humaine.

Ce roman raconte l’amour profond et platonique entre Félix de Vandenesse et la comtesse Madame de Mortsauf.

 

 

Ce passage évoque la rencontre entre Félix et la comtesse Blanche-Henriette de Mortsauf.

 

 

I- Une rencontre déterminante

A- Un personnage mal à son aise

• Le narrateur raconte alors les instants précédents cette rencontre.

NB : marques de 1e personne du singulier.

Ex : « mes » ; « je » ; « ma » ; « je » ; « je » ; « ma »…

> Focalisation interne. Le point de vue est situé à l'intérieur d'un personnage, tout est vu par le personnage.

• Montrez que Félix, qui est jeune, n’est pas très à l’aise.

Ex : « Trop timide » ; « craignant » ; « très grimaud » ; « ne sachant que faire de ma personne » ; « souffrais du malaise »…

Cf. « un officier marcha sur mes pieds gonflés autant par la compression du cuir que par la chaleur. » > malaise physique.

Cf. « me dégoûta de la fête »

=> Le bal ne lui apporte guère de plaisir.