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SUJET : Stendhal, La Chartreuse de Parme, chapitre 3, Où as-tu pris ce cheval, Fabrice était tellement troublé qu’il répondit en italien... | Commentaires composés | Stendhal

Commentaires composés | Stendhal

Stendhal, La Chartreuse de Parme, chapitre 3, Où as-tu pris ce cheval, Fabrice était tellement troublé qu’il répondit en italien...

 − Où as-tu pris ce cheval ?

Fabrice était tellement troublé qu’il répondit en italien :

− L’ho comprato poco fa. (Je viens de l’acheter à l’instant.)

− Que dis-tu ? lui cria le général.

Mais le tapage devint tellement fort en ce moment, que Fabrice ne put lui répondre. Nous avouerons que notre héros était fort peu héros en ce moment. Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne ; il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles. L’escorte prit le galop ; on traversait une grande pièce de terre labourée, située au-delà du canal, et ce champ était jonché de cadavres.

− Les habits rouges ! les habits rouges ! criaient avec joie les hussards de l’escorte, et d’abord Fabrice ne comprenait pas ; enfin il remarqua qu’en effet presque tous les cadavres étaient vêtus de rouge. Une circonstance lui donna un frisson d’horreur ; il remarqua que beaucoup de ces malheureux habits rouges vivaient encore ; ils criaient évidemment pour demander du secours, et personne ne s’arrêtait pour leur en donner. Notre héros, fort humain, se donnait toutes les peines du monde pour que son cheval ne mît les pieds sur aucun habit rouge. L’escorte s’arrêta ; Fabrice, qui ne faisait pas assez d’attention à son devoir de soldat, galopait toujours en regardant un malheureux blessé.

− Veux-tu bien t’arrêter, blanc-bec ! lui cria le maréchal des logis. Fabrice s’aperçut qu’il était à vingt pas sur la droite en avant des généraux, et précisément du côté où ils regardaient avec leurs lorgnettes. En revenant se ranger à la queue des autres hussards restés à quelques pas en arrière, il vit le plus gros de ces généraux qui parlait à son voisin, général aussi, d’un air d’autorité et presque de réprimande ; il jurait. Fabrice ne put retenir sa curiosité ; et, malgré le conseil de ne point parler, à lui donné par son amie la geôlière, il arrangea une petite phrase bien française, bien correcte, et dit à son voisin :

− Quel est-il ce général qui gourmande son voisin ?

− Pardi, c’est le maréchal !

− Quel maréchal ?

− Le maréchal Ney, bêta ! Ah çà ! où as-tu servi jusqu’ici ?

Fabrice, quoique fort susceptible, ne songea point à se fâcher de l’injure ; il contemplait, perdu dans une admiration enfantine, ce fameux prince de la Moskova, le brave des braves.

 

Extrait du corrigé :

 Passage célèbre de La Chartreuse de Parme => Fabrice vient d’être « jeté » sur la route de Waterloo => expérience de la guerre pour le jeune homme.

 

I- Un extrait de roman 

            A- Un récit

• Récit => passé simple pour les actions brèves (« L’escorte prit ; L’escorte s’arrêta… ») / imparfait pour la toile de fond, les descriptions (« venait ; était ; lui faisait mal… »).

• Récit à la 3e personne. « les hussards » ; « le maréchal des logis » ; « Fabrice » mais avec un narrateur qui intervient fréquemment. Cf. « Nous avouerons » ; « notre héros » => sorte de complicité avec le lecteur.

• Insertion de dialogues au style direct > présent d’énonciation. Ex « Veux-tu » + pronoms personnels de 2e personne. Effet réaliste, on « entend parler » les personnages. Cf. « Les habits rouges ! ».

 

            B- Roman et histoire

• Montrez que Stendhal plonge son personnage fictif dans un contexte réel + personnes réelles.

Ex : « prince de la Moskova » ; « Le maréchal Ney »…

• Roman d’apprentissage > le jeune Fabrice assiste / « participe » à la fameuse bataille de Waterloo.