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SUJET : Michaux, Clown | Commentaires composés | Michaux | Poésie

Commentaires composés | Michaux | Poésie

Michaux, Clown

Henri Michaux, Clown

 

     Un jour.

     Un jour, bientôt peut-être.

     Un jour j’arracherai l’ancre qui tient mon navire loin des mers.

     Avec la sorte de courage qu’il faut pour être rien et rien que rien, je lâcherai ce qui paraissait m’être indissolublement proche.

     Je le trancherai, je le renverserai, je le romprai, je le ferai dégringoler.

     D’un coup dégorgeant ma misérable pudeur, mes misérables combinaisons et enchaînement « de fil en aiguille ».

     Vidé de l’abcès d’être quelqu’un, je boirai à nouveau l’espace nourricier.

     A coup de ridicules, de déchéances (qu’est-ce que la déchéance ?), par éclatement, par vide, par une totale dissipation-dérision-purgation, j’expulserai de moi la forme qu’on croyait si bien attachée, composée, coordonnée, assortie à mon entourage et à mes semblables, si dignes, si dignes, mes semblables.

     Réduit à une humilité de catastrophe, à un nivellement parfait comme après une intense trouille.

     Ramené au-dessous de toute mesure à mon rang réel, au rang infime que je ne sais quelle idée-ambition m’avait fait déserter.

     Anéanti quant à la hauteur, quant à l’estime.

     Perdu en un endroit lointain (ou même pas), sans nom, sans identité.

 

     clown, abattant dans la risée, dans le grotesque, dans l’esclaffement, le sens que contre toute lumière je m’étais fait de mon importance.

     Je plongerai.

Sans bourse dans l’infini-esprit sous-jacent ouvert

     à tous

ouvert à moi-même à une nouvelle et incroyable rosée

à force d’être nul

et ras…

et risible…

 

 Extrait du corrigé

Henri Michaux (1899-1984) est un écrivain, poète et peintre.

 

Clown : poème en prose.

Définition donnée d’un poème en prose : « Il s'agit d'un texte en prose bref, formant une unité et caractérisé par sa « gratuité », c'est-à-dire ne visant pas à raconter une histoire ni à transmettre une information, mais recherchant un effet poétique ».

 

Succession de paragraphes d’une ligne ou de quelques lignes.

 

Quelle vision de la condition humaine est donnée dans ce texte ?

 

I- Larguer les amarres

            A- Rêve

• Début du poème :

- anaphore de « Un jour ».

- Les deux premières lignes sont averbales.

Gradation des trois phrases (sorte d’escalier). Chaque ligne est plus longue que la précédente.

- « Un jour » > vague, possibilité > ce qui est renforcé par « peut-être ».

- « j’arracherai » > futur : volonté (ce n’est pas du conditionnel, qui renvoie à « bientôt ».

- Champ lexical de la marine.

Cf. « l’ancre » ; « navire » ; « mers » > idée de voyage, de liberté.

- Présence de marques de 1e personne. Cf. « j’ » et « mon » => poète qui parle en son nom.

- « j’arracherai » > violence.

=> Envie de départ.