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SUJET : Émile Verhaeren, La Patrie aux soldats morts | Commentaires composés | Verhaeren | Poésie

Commentaires composés | Verhaeren | Poésie

Émile Verhaeren, La Patrie aux soldats morts

Émile Verhaeren, « La Patrie aux soldats morts »

 

1.      Vous ne reverrez plus les monts, les bois, la terre,

2.      Beaux yeux de mes soldats qui n'aviez que vingt ans

3.      Et qui êtes tombés, en ce dernier printemps,

4.      Où plus que jamais douce apparut la lumière.

 

5.      On n'osait plus songer au réveil des champs d'or

6.      Que l'aube revêtait de sa gloire irisée ;

7.      La guerre occupait tout de sa sombre pensée

8.      Quand, au fond des hameaux, on apprit votre mort.

 

9.      Hélas ! où sont vos corps jeunes, puissants et fous,

10.  Où, vos bras et vos mains et les gestes superbes

11.  Qu'avec la grande faux vous faisiez dans les herbes ?

12.  Hélas ! La nuit immense est descendue en vous.

 

13.  Vos mères ont pleuré dans la chaumière close :

14.  Vos amantes ont dit leur peine aux gens des bourgs ;

15.  On a parlé de vous tristement, tous les jours,

16.  Et puis un soir d'automne on parla d'autre chose.

 

17.  Mais je ne veux pas, Moi, qu'on voile vos noms clairs,

18.  Vous qui dormez là-bas dans un sol de bataille

19.  Où s'enfoncent encor les blocs de la mitraille,

20.  Quand de nouveaux combats opposent leurs éclairs.

 

21.  Je recueille en mon coeur votre gloire meurtrie,

22.  Je renverse sur vous les feux de mes flambeaux

23.  Et je monte la garde autour de vos tombeaux,

24.  Moi qui suis l'avenir, parce que la Patrie.

 

 Extrait du corrigé : 

Émile VERHAEREN : poète belge d'expression française, né en 1855 et mort en 1916.

            Après ses études, Verhaeren se voue aux lettres. Bien qu’il s'installe comme avocat stagiaire à Bruxelles, il fréquente des artistes et débute dans la critique d'art. Ses premières poésies s’orientent vers le naturalisme. Cependant, Verhaeren traverse une grave crise spirituelle et donne des recueils d'une morbidité exaspérée et fiévreuse, véritable « trilogie de la neurasthénie », avec Les Soirs (1887), Les Débâcles (1888) et Les Flambeaux noirs (1889). Puis, le poète se tourne résolument vers les problèmes contemporains et publie de nombreux recueils  dont Les Villes tentaculaires en 1895. 

            Quand la Première Guerre mondiale, Verhaeren se réfugie en Angleterre : il y écrit des poèmes pacifistes et lutte contre la folie de la guerre.

 

« La Patrie aux soldats morts » : poème qui rend hommage aux soldats.

- 6 quatrains ;

- Rimes embrassées, de type ABBA. Ex : « close ; bourgs ; jours ; chose » ;

- Rimes pauvres. Ex : « fous / vous »

- Rimes suffisantes. Ex : « or / mort »

- Rimes riches. Ex : « meurtrie / Patrie » 

 

 

« La Patrie aux soldats morts » :

- allégorie de la Patrie

- prosopopée => fait de parler, de s’adresser à un ou des morts.

 

I- De jeunes morts

            A- Jeunesse fauchée

• « Vous ne reverrez plus les monts, les bois, la terre » :

- La Patrie s’adresse aux soldats morts, et plus précisément à leurs yeux.

Cf. « beaux yeux » => Synecdoque. La partie pour le tout > s’adresse aux yeux des soldats > donc aux soldats.

- « ne…plus » > négation. Ils sont morts.

- « les monts, les bois, la terre » : énumération rythme ternaire + éléments naturels => ne reverront plus tout cela.

• Jeunesse des soldats.

- « n'aviez que vingt ans »

- Cela est souligné par leur âge + «  vingt ans » est mis à la rime avec « dernier printemps » > jeunesse fauchée.

• « êtes tombés » > sont tombés sur les champs de bataille. Tombés dans les tranchées.

 

            B- Lumière vs. ténèbres