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SUJET : Villiers de L'Isle-Adam, Contes cruels, Véra | Commentaires composés | Villiers de L’Isle-Adam

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Commentaires composés | Villiers de L’Isle-Adam

Villiers de L'Isle-Adam, Contes cruels, Véra

 Il se leva, et dans la glace bleuâtre, il se vit plus pâle qu’à l’ordinaire. Il prit un bracelet de perles dans une coupe et regarda les perles attentivement. Véra ne les avait-elle pas ôtées de son bras tout à l’heure, avant de se dévêtir ? Les perles étaient encore tièdes et leur orient 1 plus adouci, comme par la chaleur de sa chair. Et l’opale de ce collier sibérien, qui aimait aussi le beau sein de Véra jusqu’à pâlir 2, maladivement, dans son treillis d’or, lorsque la jeune femme l’oubliait pendant quelque temps ! Autrefois, la comtesse aimait pour cela cette pierre fidèle !…Ce soir l’opale brillait comme si elle venait d’être quittée et comme si le magnétisme exquis de la belle morte la pénétrait encore. En reposant le collier et la pierre précieuse, le comte toucha par hasard le mouchoir de batiste 3 dont les gouttes de sang étaient humides et rouges comme des œillets sur la neige !…Là, sur le piano, qui donc avait tourné la page finale de la mélodie d’autrefois ? Quoi ! la veilleuse sacrée s’était allumée dans le reliquaire ! Oui, sa flamme dorée éclairait mystiquement le visage, aux yeux fermés, de la Madone ! Et ces fleurs orientales, nouvellement cueillies, qui s’épanouissaient là, dans les vieux vases de Saxe, quelle main venait de les y placer ? La chambre semblait joyeuse et douée de vie, d’une façon plus significative et plus intense que d’habitude. Mais rien ne pouvait surprendre le comte ! Cela lui semblait tellement normal qu’il ne fit même pas attention que l’heure sonnait à cette pendule arrêtée depuis une année.
Ce soir-là, cependant on eût dit que, du fond des ténèbres, la comtesse Véra s’efforçait adorablement de revenir dans cette chambre tout embaumée d’elle. Elle y avait laissé tant de sa personne ! Tout ce qui avait constitué son existence l’y attirait. Son charme y flottait ; les longues violences faites par la volonté passionnée de son époux y devaient avoir desserré les vagues liens de l’Invisible autour d’elle !…
Elle y était nécessitée. Tout ce qu’elle aimait, c’était là.

 

Auteur de la fin du XIXème siècle, Villiers de L’Isle-Adam est surtout connu pour son recueil de contes mêlant une atmosphère sombre, mystique et irréelle.  Dans « Véra », le deuxième des Contes cruels, le comte d’Athol et Véra vivent à l’écart du monde, unis par un amour passionné. A la mort brutale de la jeune femme, le comte n’accepte pas la séparation et continue de vivre comme si Véra était encore présente. Dans ce passage, la comtesse est morte depuis un an ; rien n’a bougé dans sa chambre