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SUJET : Émilie du Châtelet, Discours sur le bonheur | Commentaires composés

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Émilie du Châtelet, Discours sur le bonheur

 Il faut, pour être heureux, s’être défait des préjugés, être vertueux, se bien porter, 
avoir des goûts et des passions, être susceptible d’illusions, car nous devons la plupart de nos plaisirs à l’illusion, et malheureux est celui qui la perd. Loin donc de chercher à la faire disparaître par le flambeau de la raison, tâchons d’épaissir le vernis qu’elle met sur la plupart des objets ; il leur est encore plus nécessaire que ne le sont à nos corps les soins de la parure. 
II faut commencer par se bien dire à soi-même et par se bien convaincre que nous 
n'avons rien à faire dans ce monde qu'à nous y procurer des sensations et des 
sentiments agréables. Les moralistes qui disent aux hommes : réprimez vos passions, et 
maîtrisez vos désirs, si vous voulez être heureux, ne connaissent pas le chemin du 
bonheur. On n'est heureux que par des goûts et des passions satisfaites ; je dis des 
goûts, parce qu'on n'est pas toujours assez heureux pour avoir des passions, et qu'au 
défaut des passions, il faut bien se contenter des goûts. Ce serait donc des passions qu'il faudrait demander à Dieu, si on osait lui demander quelque chose et Le Nôtre avait grande raison de demander au pape des tentations au lieu d’indulgences . 
Mais, me dira-t-on, les passions ne font-elles pas plus de malheureux que d'heureux ? 
Je n'ai pas la balance nécessaire pour peser en général le bien et le mal qu'elles ont faits hommes ; mais il faut remarquer que les malheureux sont connus parce qu'ils ont besoin des autres, qu'ils aiment à raconter leurs malheurs, qu'ils y cherchent des remèdes et du soulagement. Les gens heureux ne cherchent rien, et ne vont point avertir les autres de leur bonheur ; les malheureux sont intéressants, les gens heureux sont 
inconnus. […] On connaît donc bien plus l'amour par les malheurs qu'il cause, que par le bonheur souvent obscur qu'il répand sur la vie des hommes. Mais supposons, pour un moment, que les passions fassent plus de malheureux que d'heureux, je dis qu'elles seraient encore à désirer, parce que c'est la condition sans laquelle on ne peut avoir de grands plaisirs ; or, ce n'est la peine de vivre que pour avoir des sensations et des sentiments agréables ; et plus les sentiments agréables sont vifs, plus on est heureux. Il est donc à désirer d'être susceptible de passions, et je le répète encore : n'en a pas qui veut. C’est à nous de les faire servir à notre bonheur, et cela dépend souvent de nous.»