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SUJET : Louise Labé, Épître dédicatoire à Clémence de Bourges | Commentaires composés | Labé

Commentaires composés | Labé

Louise Labé, Épître dédicatoire à Clémence de Bourges

Louise Labé, À Mademoiselle Clémence de Bourges Lionnaise

 

            Étant le temps venu, Mademoiselle, que les sévères lois des hommes n'empêchent plus les femmes de s'appliquer aux sciences et disciplines: il me semble que celles qui [en] ont la commodité, doivent employer cette honnête liberté que notre sexe a autrefois tant désirée, à icelles apprendre : et montrer aux hommes le tort qu'ils nous faisaient en nous privant du bien et de l'honneur qui nous en pouvaient venir : et si quelqu'une parvient en tel degré, que de pouvoir mettre ses conceptions par écrit, le faire soigneusement et non dédaigner la gloire, et s'en parer plutôt que de chaînes, anneaux, et somptueux habits : lesquels ne pouvons vraiment estimer nôtres, que par usage. Mais l'honneur que la science nous procurera, sera entièrement nôtre : et ne nous pourra être ôté, ne par finesse de larron, ne force d'ennemis, ne longueur du temps. Si j'eusse été tant favorisée des Cieux, que d'avoir l'esprit grand assez pour comprendre ce dont il a eu envie, je servirais en cet endroit plus d'exemple que d'amonition. Mais ayant passé partie de ma jeunesse à l'exercice de le Musique, et ce qui m'a resté de temps l'ayant trouvé court pour la rudesse de mon entendement, et ne pouvant de moi-même satisfaire au bon vouloir que je porte à notre sexe, de le voir non en beauté seulement, mais en science et vertu passer ou égaler les hommes : je ne puis faire autre chose que prier les vertueuses Dames d'élever un peu leurs esprits par-dessus leurs quenouilles et fuseaux, et s'employer à faire entendre au monde que si nous ne sommes faites pour commander, si ne devons-nous être dédaignées pour compagnes tant ès affaires domestiques que publiques, de ceux qui gouvernent et se font obéir. Et outre la réputation que notre sexe en recevra, nous aurons valu au public, que les hommes mettront plus de peine et d'étude aux sciences vertueuses, de peur qu'ils n'aient honte de voir [les] précéder celles, desquelles ils ont prétendu être toujours supérieurs quasi en tout.

            Pour ce, nous faut-il animer l'une l'autre à si louable entreprise.

 

 Extrait du corrigé :

            Louise Labé est une poétesse du XVIe siècle. Née à Lyon en 1524, Louise Labé bénéficia d’une éducation moderne apprenant le latin l’italien, l’espagnol, la musique et faisant des études de lettres. Elle créa l’un des premiers salons littéraires. Elle demeure très connue pour ses poèmes, notamment le fameux sonnet « Je vis, je meurs : je me brule et me noie ».

 

            Ce texte, cette épître figure dans Œuvres, recueil comprenant tous les vers de Louise Labé, et plus précisément en tête du livre Le Débat de Folie et d'Amour. Il a été écrit à Lyon, le 24 juillet 1555. Clémence de Bourges, née vers 1530 à Lyon, fréquente les cercles littéraires de son époque, à savoir la Renaissance. Elle est parfois présentée comme étant poète elle-même mais on n’a pas retrouvé ses œuvres. Il s’agit donc d’une femme de lettres qui s’adresse à une autre femme de lettres de son temps. Ce texte en prose s’avère être très féministe.

 

 

 

 

I- D’une femme à l’autre

            A- Situation d’énonciation

• Montrez que ce texte se présente en fait comme une lettre ouverte.

Louise Labé s’adresse directement à Clémence de Bourges. Une femme lettrée parle à une autre femme lettrée.  

- Cf. « Mademoiselle ».

- Cf. les marques de 1e personne du singulier (> qui renvoient à l’auteure).

 

Ex : « j'eusse été » ; « je porte ».